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Le CR de La course |
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Ecotrail de Paname… Version "Marche Nordique" ! Entre temps j'ai poursuivi les investigations pour essayer de remettre la machine en état, et en janvier, alors que j'accompagne le Bagnard comme bénévole sur le Raid28, Sarah, une camarade de club, me propose de passer la voir à son cabinet de chiropracteur. Au point où j'en suis, me faire remettre en place cervicales, lombaires et autres osselets ne pourra pas me faire de mal. Je me suis d'ailleurs rendu compte que au delà de 1h30 de MN, mon nerf sciatique dans la jambe droite se réveillait... Donc quand je cours j'ai mal à gauche et quand je marche j'ai mal à droite. On est pas gâté ! Après quelques séances les premiers résultats sont encourageants. J'ai réussi à recourir 35mn sans douleur, mais avec l'Ecotrail qui approche je n'ai pas pu confirmer en renouvelant ça une ou deux fois. Par contre j'ai réussi à faire une sortie de 1h30 de MN sans aucune douleur dans la fesse droite. J'allège l'entraînement sur la dernière semaine avec juste une petite sortie le mercredi matin. Tous les voyants semblent au vert Je décide d'aller au départ à Meudon plus tôt que l'heure de mon départ prévu à 10h30 de façon à pourvoir voir les copains qui partent dès 10h00 sur le 30km course. Contrairement à l'an dernier où j'étais allé au départ en transports directement depuis la maison, là je décide d'aller me garer à la Tour Eiffel, puis de prendre le RERC et le Tram pour revenir sur Meudon. J'ai un souvenir difficile de retour par les transports l'an dernier avec ma jambe en vrac. J'ai déjà communiqué mon objectif initial, faire moins de 5 heures, ce qui correspond à +30% du temps de Christian (le vainqueur en 3h50) l'an dernier. La même proportion rapportée au marathon de Paris (2h10) me ferais courir en... 2h50... Hé oui, 30% du temps du premier c'est chaud bouillant ! Le soucis c'est que entre temps, Bert' est venu me titiller en me disant que Arnaud Tsamere avait mis 4h30 l'an dernier... Je ne relève pas mais quand même... En ce qui concerne le sac, j'ai pris mon vieux DK 5L avec dedans une poche à eau de 2 litres qui devrait me permettre de ne pas avoir à me ravitailler en route, et bien sur le matériel obligatoire (couverture de survie,...) et le coupe vent. Côté ravitaillement, j'ai mis un peu de poudre de perlimpimpin dans la poche et j'emporte juste 3 gels pour gérer les coups de mou. Bien sur j'ai pris mes jolis bâtons KV+, avec des gants en soie et des gants de VTT pour éviter les frottements des gantelets. Avec 250 participants, il n'y aura qu'une seule vague de départ. 10h38, le départ est donné. Comme tous les autres parcours qui partent de Meudon, on commence par l'avenue du château, une jolie montée sur les pavés. On est encore serrés et avec les bâtons pour être plus à l'aise je décide de partir dans la contre allée en herbe. Au moins ça permet de faire monter la température de la machine dès le départ. Comme je n'ai aucun repère chrono, je décide de ne pas lancer le chrono, et de ne pas regarder la montre pendant la course. Je vais gérer cette première épreuve uniquement aux sensations, de façon à avoir une base fiable si un jour je devais y revenir. Arrivé en haut on rentre dans le parc de l'observatoire et à partie de là je ne vais plus être gêné. Les marcheurs se sont étalés, et je peux progresser à mon allure facilement. La première partie ne pose pas de problème. Petit à petit je cale mon rythme en essayant de ne pas me laisser entraîner et assez rapidement les positions se stabilisent. Vers le 2ème ou 3ème kilomètre je fais un petit bout avec un autre marcheur qui m'explique qu'il a les boules parce que l'an dernier il était dans un groupe qui s'est perdu. Heu ! Attends ! Tu veux dire que tu étais dans le groupe de tête ? Là je me dis que je suis peut-être parti un peu vite... On attaque les premières petites montagnes russes avec des juges aux allures qui nous surveillent. On les reverra un peu plus loin puis plus rien jusqu'à l'arrivée ! On attaque la première montée du circuit bien droite comme je ne les aime pas. En fait je n'aime pas les montées tout court ! Du coup, je regarde mes pieds, je me penche en avant et j'optimise au maximum l'utilisation de mes bâtons, et là, étrangement je remonte plein de marcheurs ! Et même certains marcheurs/coureurs qui désormais ne peuvent que marcher. Comme toujours sur l'Ecotrail, chaque montée est suivie par une longue partie permettant de récupérer. Un peu plus loin on a le droit à un long faux plat montant. Pour une fois je suis content d'être en mode marche car c'est exactement le genre de terrain sur lequel j'ai du mal à me positionner lorsque je suis en mode course. La montée n'est pas assez raide pour justifier de marcher et est trop raide pour que je puisse la passer sereinement en courant. Aujourd'hui la question ne se pose pas et je la mange tranquillement, toujours bien penché en avant pour optimiser mes appuis sur les bâtons. Depuis le départ je n'ai jamais regardé la montre et je décide de continuer de cette façon là. Je n'ai pas de repère d'allure, pas de repère kilométrique fiable, alors à quoi bon tirer des plans sur la comète chrono ? Après course en regardant les fichiers fournis par l'organisation, je verrai que je suis passé à ce pointage en 1h11. Pas question de se laisser aller. On repart dans les enchaînements de chemins et de sentiers. Je reconnais pas mal des endroits où on est passés l'an dernier, mais je n'arrive pas à projeter la suite du parcours. Autant en CO je mémorise absolument tout, autant là j'ai de gros trous. Bon de toute façon je prends le terrain comme il vient sans me poser de question en attendant d'arriver au ravitaillement de St Cloud. On trouve les premiers panneaux Kikourou d'encouragement et même un peu plus loin un panneau nous indiquant la "presque" dernière côte. Ben voyons... Patrick, il va falloir que tu révise ton parcours pour l'an prochain ! Depuis quelques kilomètres j'ai mon nerf sciatique (la fameuse douleur quand je marche) qui s'est réveillée. Pas très fort mais je le sens, et j'ai aussi une barre dans le bas du dos. Comme on a fait largement plus de la moitié du parcours, je me dis que ça va le faire, et comme d'hab, j'essaye d'externaliser cette douleur pour la transformer en simple gêne. On remonte le parc de St Cloud pour approcher d'un carrefour où je sais qu'on va tourner à droite et avoir un long faux plat montant qui va nous faire arriver au ravitaillement. J'en fais part à mon binôme V4, sauf qu'en arrivant à l'intersection, on nous fait signe de traverser et de... descendre en face. Attendez, le ravito il est la haut, à droite. On voit les tentes tout au bout ! Rien n'y fait, il faut passer en face et descendre vers les bassins. On continue encore la descente jusqu'à une dernière intersection, et là les bénévoles nous aiguillent sur une superbe montée bien raide en nous disant "c'est bon vous êtes presque au ravitaillement". Ben voyons, juste un petit mur histoire de ne pas nous faire arriver trop refroidis ! Je profite de la sortie du ravito pour mettre les embouts à mes bâtons car on va a voir essentiellement du bitume maintenant, puis j'attaque la descente. Sur cette partie je me fait reprendre par les premiers du 50km. Si les 3 premiers passent par le chemin jalonné, les 4 et 5 (à ce moment là de la course) coupent directement les virages... Pas très correct comme façon de faire ! Arrivée en bas j'essaye de repartir au train, mais ça tiraille de partout. On reprend le long des quais, puis on nous fait traverser à cause des travaux jusqu'au moment où on nous demande d'obliquer vers Meudon ! Heu mais ça remonte par là. En fait avec les travaux, il a fallu détourner un peu le tracé et on se fait une belle montée supplémentaire, suivie d'une descente , ce qui rattrape un peu le coup, sauf qu'en MN, on ne gagne pas autant en descente qu'en course. On rejoint les quais, et à partir de là le tracé sera le même que les années précédentes. Passage dans l'île à Issy les Moulineaux et seconde salve de panneaux d'encouragement, avec une référence aux Bled Runners qui vont partir dans 15 jours au Marathon des Sables, et aussi une petite pensée pour les marcheurs. Ca fait plaisir. Etrangement depuis que je suis revenu sur le plat, mes douleurs se sont estompées, probablement aidé par une allure qui s'est également un peu ralentie (ça je ne m'en rendrai compte qu'après coup). Autant les gens pestent contre cette section urbaine, autant moi j'aime bien. Oui je suis fondamentalement un urbain, sans pour autant désavouer les courses nature, (les deux ne sont pas incompatibles) et ce type d'environnement ne me perturbe pas. Cela me rappelle mon premier 24h à St Fons à l'époque ou on courait au bord de la ligne de chemin de fer et d'une énorme raffinerie. Moi je trouvais cet éclairage industriel presque magique la nuit, là où d'autres trouvaient le parcours horrible. Par contre si le tracé ne me dérange pas, je m'imaginais grâce à la marche assurer facilement cette section. En fait ça va être un peu plus compliqué. Avec juste une sortie de 20 km en MN, là je suis au delà de mon entraînement, et je vois que je vais le payer. Il va falloir que je rame sévère pour ne pas trop lâcher prise, et ces dix derniers kilomètres ne seront pas aussi coulants que prévu. L'avantage de connaitre le tracé c'est que j'ai de multiples points de repères et que je fonctionne comme en ultra par l'atteinte d'objectifs courts et matérialisables. Les ponts, les carrefours, les immeubles sont autant de balises intermédiaires qui m'empêche de regarder la Tour Eiffel au loin. Passage sous le périphérique près de l'usine de béton, entrée dans paris, passage du pont du Garigliano, du pont Mirabeau en longeant les immeubles du quai de Grenelle, puis le pont de Grenelle qui nous fait entrer dans l'Ile aux cygnes. L'arrivée se rapproche à grands pas. Je rejoint Marcel, un marcheur (V3?) avec qui je joue au yoyo pratiquement depuis les premiers kilomètres. On a jamais été à la même allure mais on a pas arrêté de se passer devant l'un l'autre en fonction de l'évolution du terrain. On discute une minute et à partir de là on va rester ensemble. Petit coup d'oeil aussi aux deux côtes imprévues de la fin de parcours. Gérées sur le 30, mais je pense qu'elles feront mal aux coureurs du 80 Le Lundi, passage dans les mains expertes de Sarah pour vérifier si j'ai pas trop déplacé d'osselets. Visiblement comme elle ne pousse aucun "oh la! la!" en me voyant c'est que ça peut aller. Je dois probablement à ses manipulations une grande partie de l'absence de douleurs après ces 4h30 d'efforts. Ca reste pour le moment la piste de traitement que je continue à privilégier en vue de reprendre mes tests de course la semaine prochaine. Voilà, reste à savoir si ce sera un épisode unique ou une saga façon "les feux de l'amour" et ses 10.000 épisodes.. Michel ! |