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Il ne sera pas question de faire un compte rendu trop précis car sinon avec15H00 et plus de course , vous vous lasserez.
Le raid 28 , course en orientation par équipe de 5 ( dont une féminine ) , sur une distance de 70 / 80 kilomètres , départ à minuit , froid , pluie , boue , solidarité des membres de l'équipe.....voiçi quelques mots qui me viennent à l'esprit pour désigner cette " aventure " . Aventure avec un grand " A " pour une équipe de 5 coureurs , pas forcément au top physiquement , pas forcément au top " orientation " , collectivement homogène , tous réunis par un même but : finir dans les délais imposés par les organisateurs.
Prenons mon cas : une fin de saison 2002 plutôt difficile , j'enchaîne plusieurs courses longues et dures ( par exemple , défis du Chott et Sparnatrail en 15 jours ) , des douleurs reviennent au galop : mollet gauche, ischio gauche et couturier droit . Je décide de stopper un peu la course à pied ( 6H par semaine en endurance uniquement ) , beaucoup d'étirements, massages et électrostimulation . Du coup , le jour du départ , c'est un JM pas très top physiquement mais qui aura soigné 2 blessures sur 3 . Seule mon ischio gauche me tiraille encore . Je devrais faire avec.
Le samedi 18 Janvier : il est 18 heures . J'arrive pile poil à l'heure du rendez vous chez Michel . Du coup , je me dis , tiens on va boire un petit verre en attendant le Chameau , toujours à la bourre . Et ben, c'est loupé , pour la première fois , il est en avance . Et même déjà en tenue!!!!!! Ca blague un peu et hop , tout le monde en voiture . On rejoint nos deux derniers équipiers qui attendent à une pizzeria proche du lieu du départ. Il y a aussi le fluet ( que je connaissais pas ) qui assure notre logistique sur l'épreuve . Déjà , il annonce la relève pour l'édition 2004 .
Cool !! La bonne humeur est de mise , tout le monde a l'air en pleine forme. seule Biopuce , la féminine du groupe , a un peu la pression et ne mange pas beaucoup . D'ailleurs, avec le chameau , on salive sur son assiette de pâtes....Mais bon , on va se retenir , on a une course à faire .
Aux alentours de 22H30 , nous sommes dans le hall d'accueil . Certaines équipes sont déjà présentes. Malgré l'effervescence perceptible , chacun envisage de se détendre comme il peut . Mais d'abord , l'équipe décide de d'effectuer le contrôle des sacs et du matériel . Tout se passe sans problème . J'aimerais faire un petit somme mais c'est pas possible avec tous ces bruits . Des équipes parlent tactiques et ravitaillements . Nous , nous sommes loin de tout ça . On peut dire que l'on en a déjà discuté et mis en pratique lors de notre sorite commune : Michel et Bourrin à l'orientation, Biopuce " motivatrice " du groupe , le chameau soutien moral de l'équipe et de Biopuce en particulier , et moi même , chercheur de balises...
L'heure fatidique se rapproche . C'est les derniers préparatifs : réglage du sac , des chaussures , dernière vérification du matériel . Il reste maintenant 10 minutes . Je fais un petit tour dehors . Il fait frais mais beaucoup moins froid que les semaines précédentes . Au passage , avec Michel , on part chambrer l'équipe " OrientàFond " , les vainqueurs des éditions précédentes .
Minuit !!! C'est le départ !!!!! Ben alors , le chameau , tu vas pas chercher les cartes ???? (il s'était proposer quelques minutes avant ) . "Ah zut , j'ai oublié " , qu'il dit, ca commence fort....
Une fois la carte récupérée , Michel et le Bourrin font des " dessins " sur la carte et après dix minutes , c'est parti. Le début est assez facile puisque le chemin est balisé . Le Bourrin nous fait l'animation : " J'ai trop chaud , j'enlève la polaire " , puis quelques minutes plus tard , " J'ai trop froid , faudra que je la remette." . Je trouve que l'on va un peu trop vite pour Biopuce , je rappelle à Michel de ralentir . Nous ne doublons personne , mais par contre , plusieurs équipes nous dépassent d'un pas léger . Nous nous trouvons dans les parcs et chemins de Bures . De nuit , ce parc est sympathique . Je poinçonne ma première balise quelques minutes plus tard . Nous arrivons à 20 mètre du premier poste de sécurité et là , cela se gâte un peu pour nous : Comme Michel n'a pas suivi les conseils du Bourrin pour se caler sur la carte , ben on est perdu !!! Dans un calme olympien , Michel rectifie le tir . Maintenant , on peut dire que la course commence . On entre dans la forêt d'Aigrevin . Pour l'instant , les équipes sont regroupées et se suivent à la queue leu leu . Quelques montées et descentes après , Michel m'indique une direction et me dit " Il y a une balise près d'un pylône " . Je pars à sa recherche . C'est un petit moment de solitude que j'aime bien . Bon , je recherche cette balise . Je cours au premier pylône . Rien . J'en vois un deuxième , j'y vais d'un pas rapide . Faut pas faire perdre trop de temps à l'équipe , surtout que pour nous , il risque de nous être fatal . Toujours rien sur les lieux . Un peu plus loin , j'en vois un troisième . Un coureur en provenance de ce dernier me déclare que la balise ne s'y trouve pas . " Hé l'ami, tu ne me l'as fait pas à moi.. " Et hop , je file sur ce dernier pylône . Ben le gars , il avait raison . Je reviens vers mon équipe et leur annonce mon échec .
Heureusement , c'était pas la bonne zone .
Nous enchaînons ensuite plusieurs balises dans une nuit assez claire , grâce à la lune . C'est magnifique. Par moment , nous éteignons les lumières de nos lampes et nous progressons tranquillement . l'équipe va bien : tout le monde a le moral . Toute les 20 minutes environ , Biopuce et le Chameau nous signalent qu'il est temps de boire .
La prochaine balise indique un souterrain . Le Bourrin , en mal de difficultés , est tout content . Il veut sa baignade du soir . Nous voilà tous les 5 devant l'entrée du tunnel . Vases , détritus en tout genre.On y va !!!! dit le Bourrin . Oh la , du calme . En regardant de plus près avec Michel , , on remarque que la balise suivante est à la sortie du tunnel . Donc , rien ne sert d'y faire un tour . Le Bourrin peste un peu mais se rallie à notre sagesse . Et nous revoilà repartis . Pour la petite histoire , nous avions raison sur ce coup là . Nous arrivons au PC1 et il reste 46 kilomètres . Nous sommes même en avance sur les temps de l'organisation. Que du bonheur ! Depuis quelques temps , les distances entre les équipes sont plus importants , car entre temps , il y a eu une CO optionnelle ( que notre équipe n'a pas faite ) . Nous continuons et nous devons emprunter un passage un peu délicat : une belle descente raide . On voit de suite que c'est pas la tasse de thé de notre féminine . Il va falloir travailler cet aspect pour le Tchimbé Raid . Quelques instants après , nous tombons sur la zone d'une balise . Chacun la cherche quand tout à coup Michel annonce sa découverte . J'y cours . Je croise Michel qui m'indique l'endroit approximatif tout en continuant son chemin , d'un air timide . Bizarre.. En arrivant dessus , je comprend tout : pour poinçonner , j'ai pas le choix , il faut que je mette les pieds dans l'eau . Argggggg , elle est glacée !!!
Après avoir rejoint l'équipe les pieds trempés , on attaque une montée sévère . Normal après la descente précédente . Le jour commence à se lever . Drôle de sensation . J'ai l'impression qu'une nouvelle course commence . Pas plus facile certes mais bien différente : les éléments naturels n'ont pas les mêmes reliefs.
Un petit mot pour nos supporters via le téléphone du Bourrin . Tout le monde pensent à nous et cela nous donne du courage et nous réchauffe le cour . N' ayons pas peur de dire que leurs encouragements dans les moments difficiles nous ont permis de passer l'obstacle .
Ensuite , nous trouvons sans trop de difficulté les balises suivantes même si sur l'une d'entre elles , on se perd un peu dans les bois . Pour l' instant , ma tenue me protège toujours bien et je ne ressens pas le froid. Mes chaussures évacuent assez bien l'eau et l'épisode précédent est oublié . La prochaine balise se trouve dans des ruines . Juste avant de monter une belle côte , je vois un terrain de tennis flambant neuf . Ca fait drôle d'en voir un en pleine campagne . Je propose d'échanger quelques balles avec Biopuce mais elle refuse poliment .
Donc nous montons cette côte . A son point culminant , point de ruine . Ces vestiges de notre passé ne sont pas loin mais dans quelle direction ? On se sépare et c'est le Bourrin qui les voit en premier . Vous vous rappelez le terrain de tennis ? Elles sont juste à coté , et hop , un aller retour avec pas mal de dénivelé. De retour avec mes coéquipiers , j'ai un peu les jambes cassées . Mais au bout de 5 minutes , j'ai l'impression d'avoir bien récupéré et la relance est correcte .
Nous empruntons ensuite la route des sept chênes . Une balise est d'ailleurs à proximité de l'un d'entre eux . On y file avec le Chameau . Ce chêne est impressionnant ! Je me sens tout petit à coté de ce géant La nature offre de telles beautés que je reste admiratif devant .
Coté conditions climatiques , jusqu'à présent , nous avons été épargnés : juste un froid relatif mais en courant ou marchant , on ne le ressent qu'à peine . Mais maintenant , la pluie vient nous tenir compagnie . Nous avançons toujours dans la forêt , Michel faisant un sans faute . La deuxième CO arrive , nous respectons notre tableau de marche . Nous sommes ici pour finir dans les temps , donc , du coup , nous ne faisons pas cette deuxième CO facultative .
La prochaine balise est en haut d'une butte , proche d'un dolmen . Je m'y rends en compagnie du Chameau . Nous le trouvons facilement , il est presque sur le chemin forestier . Nous voyons de temps en temps quelques équipes mais avec les CO , les pistes sont bien brouillées .
La suivante est dans un petit vallon . Le même tandem part à sa recherche . Après avoir tourné un peu en rond , nous la trouvons facilement . Mauvaise surprise pour moi , il faut encore remettre les pieds dans l'eau . Argggggggg , toujours aussi froide. Un concurrent arrive et comme je suis déjà dedans , je lui propose de " cartonner " à sa place . Il accepte et me remercie chaleureusement .
Le PC2 se rapproche à petits pas . Il s'agit d'un poste avec une barrière horaire éliminatoire . Nous u arrivons avec 2H15 d'avance !!! Il nous reste 16 kilomètres.
Nous attaquons maintenant un secteur redouté par de nombreux coureurs : les plaines et champs de la plaine de la Beauce ( on en fera qu'une petite partie d'après les anciens ) , avec bien sûr le vent . Il souffle très fort . Mais finalement , j'aime bien ce passage . Cela me rappelle un peu mes sections d'entraînement. Le seul hic , c'est ma douleur aux ischios qui me tiraille de plus en plus . Pour l'instant, j'arrive encore à courir quand on part à la recherche des balises .
Notre rythme général a quand même bien diminué : on est sur la fin et tout le monde souffre en silence .
Nous arrivons dans une partie très difficile : de la boue partout , de l'eau glacée . On en court plus , on marche . De toute façon , ma douleur est maintenant trop vive , je la ressens même en marchant .
Heureusement l'arrivée est proche..
Nous pénétrons dans le village de l'arrivée . Pas grand monde dans les rues. Une dernière balise dans les ruelles désertes .
Nous voyons la banderole d'arrivée : Nous la franchissons tous les 5 ensemble main dans la main. Fabuleux moment ! On réalise notre objectif : finir dans les temps le raid 28 .
Félicitations à tous mes coéquipiers et à notre féminine . Imaginez un peu , cela moins d'un an qu'elle court !!! Finalement , exception faite de ma blessure , tout se sera bien déroulé . La cohésion de l'équipe fut parfaite, même pas une dispute , des encouragements sans discontinuer , tout le monde aura respecter son rôle à merveille . Et dans une bonne ambiance.
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