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Salut,
petit retour sur ce dimanche 19 entre Bures et Chartres :
Froid, brouillard. Temps à pas mettre une Cagouille dehors ce samedi après midi. Mais qu'à cela ne tienne, elles commencent à sortir de leurs trous pour ce rendez-vous pour l'aventure au galop. Les Cagouilles, les Cagouilles, mais qu'est ce que c'est que ces bêtes là. Eh ben tout simplement des escargots, nom choisi par notre équipe pour se présenter au départ du Raid 28.
J'arrive à coté du lieu de départ vers 16heures et reçois un coup de fil. C'est Annick et Jeannot qui arrivent de Normandie et me signalent qu'ils sont arrivés à bon port. En fait ils sont à 10 mètres de moi sur le même parking.
Jean qui vient de Belgique, nous accueille dans son motor-home qu'il a garé à coté du gymnase ou sera donné le départ. Je file avec Jeannot emmener nos voitures à Hanches, lieu d'arrivée où nous retrouvons Christophe et nous revenons tous les trois à une voiture sur Bures. Il est maintenant 19 heures, nous sommes tous au chaud dans le motor-home de Jean où nous fêtons l'anniversaire de Christophe autour du fameux HERMAN (le gâteau).
Annick en profite pour en rappeler le mode de préparation et de transmission de ce gâteau de l'amitié qui commence d'ailleurs à bien circuler parmi la population des UltraFondus.
Notre choix est fait dans la tenue requise pour le départ. Le brouillard s'est enfin dissipé, il fait du coup un temps un peu moins désagréable. Je garderai mon polaire épais dans le sac qui va peser dans les 7 kilos.
Nous avons réparti du HERMAN dans plusieurs sacs, les boissons glucosés ou non, gels énergétiques sont prêts, Jeannot a récupéré le reste du fromage et du pain. Café et thé sont prêts dans les thermos.
Avant la course, Jean qui prépare actuellement le Marathon Des Sables, en profite pour se reposer. Quelques galères domestiques cette semaine, plus le voyage et une faiblesse du système électrique de son motor-home ainsi que l'appréhension des efforts à venir l'incitent à se reposer.
Il n'est pas le seul. L'autre Jean, Jeannot, grappille chaque minute possible pour s'allonger et fermer l'œil, y compris dans le gymnase où nous sommes désormais installer avec les autres équipes.
Dans le gymnase, c'est l'effervescence des préparatifs : contrôle des sacs, préparation des cartes, présentation des équipes, explications des organisateurs sur le parcours et le balisage. Zut on l'a raté ! Quoi ? Eh ben le briefing de l'organisateur. Ce qu'on croyait être un discours de bienvenue était en fait ce briefing de course. Bon, tant pis.
Tout est prêt, décompte à rebours, 5,4,3,2,1, 0. Il est minuit, c'est parti ou presque. Les capitaines récupèrent les feuilles de route sur lesquels sont répertoriés les balises plus la carte au 100000éme. Le travail des orienteurs commence. Ambiance, 45 équipes de 5 personnes se retrouvent par terre à étudier les cartes pour positionner les fameuses balises. Jeannot, notre orienteur, se souvient d'un précédent raid et décide de les placer toutes pour éviter d'avoir à le faire dans la nuit où sous la probable pluie.
Décision prudente, mais coûteuse en temps. Alors que les pros du peloton partent au bout de 5 minutes, le reste des équipes partent entre 15, 20, 30 minutes. A minuit 35, ne restent que 2 équipes à plancher, dont la notre. Le speaker nous incite à partir, ce que nous finissons par faire entre 2 rangées de spectateurs/organisateurs qui nous acclament.
C'est parti, on est dehors ! En route pour Hanches ! Au fait ... c'est par où. Ah oui, par là. Nous suivons les rubalises pendant le premier kilomètre, puis décidons de les abandonner pour rejoindre le premier point de signalisation PS1. La dernière équipe partie dernière nous en profite pour nous doubler, nous fermons donc le peloton, on se sent un peu seuls. A part ça le début se passe bien, la nuit est superbe, il fait beau et presque chaud. Nous trouvons la première balise et trouvons notre chemin pour rejoindre la balise 2 ou 3 située parait-il à la jonction du diverticule du GR11 avec la rivière.
Nous arrivons à la fameuse jonction du diverticule du GR avec la rivière trucmuche. Et c'est le début des galères...
Tu parles d’un diverticule ! Que nenni, Diverticules toi-même ! La rivière sûrement, le diverticule peut-être mais la balise non, pas là la balise. On cherche 10 minutes et on repart pour la suivante. Re-Galère ! Après avoir avancé pour se rapprocher de la balise, on veut rejoindre le pylône au pied duquel elle se trouve, mais d'où on est impossible d'y accéder sans faire un gros détour.
Résultat on l'abandonne. Cela fait 2 de suite de perdues. On en récupère une ou deux autres puis on s'oriente impec sur le PS2. En arrivant on voit une équipe qui en part, c'est bon signe, ça veut dire qu'on les rattrape. Mais le problème c'est que là, rien, personne, pas de signaleurs ,pas de balise. On cherche 10 minutes facile sans résultat. Et on décide de repartir, le moral bien mis à mal par ce mauvais départ.
On arrive enfin à enchaîner quelques balises sous un ciel étoilé, une pleine et belle lune. Il fait toujours aussi beau, le moral remonte et nous aussi sur les équipes qui nous précèdent. Nous retrouvons l’équipe qui nous précédait jusque là et la doublons avant d’enchaîner encore une bonne série de balises autour d’un lac puis jusqu’au PC1 que nous rejoignons largement avant l’heure éliminatoire. Nous ne sommes plus derniers et ceux qui nous précèdent ne sont pas loin. Après un arrêt de 10mn environ, nous repartons confiants, il est dans les 6h30 du matin.
Les 90 minutes qui nous séparent du lever du jour vont être déterminantes et … catastrophiques : Jean commence à fatiguer, le rythme semble un peu rapide pour lui. Nous arrivons dans le bois des Châtaigniers, pas moyen de trouver la balise et en plus incapables de trouver la bonne sortie. On monte, on fait demi tour, on change de chemin et on tombe sur ce grillage maudit, pris au piège avec de l’autre coté du grillage la route sur laquelle nous devrions être qui nous nargue. Une autre équipe passe, le garde forestier passe, les organisateurs passent mais pas nous, obligés de suivre ce grillage sur un bon kilomètre jusqu’à la sortie pour faire ensuite le même chemin dans l’autre sens sur la route … Galère, et moral qui descend très bas pour Jean qui nous avoue vouloir arrêter.
Deux ou trois kilomètres de liaison plus loin, avec le jour qui se lève la pluie arrive et au PS suivant Jean s’arrête et monte dans la voiture. Il est dans les 8h30. Il n’est pas seul, un autre concurrent est là. Jean nous racontera plus tard qu’ils s’endormiront quelques minutes plus tard, épaule contre épaule dans la chaleur de la voiture qui les rapatriera à l’arrivée.
On se ravitaille un peu et on repart, moral un peu descendu par cet abandon. On est à nouveau bon dernier, tout est à refaire. Bon bah, on s’y colle. Cagouilles never die but Cagouilles never dry, car il flotte sans arrêt.
Et ça repart … Balise 13 que l’on embrasse. Et on enchaîne, les balises défilent, Jeannot caracole en tête, la pluie redouble et nous aussi on redouble ! On passe plusieurs équipes à la faveur de raccourcis ou tout simplement à la course. Petit arrêt casse-croûte à l’abri des sapins tout près de la balise du gros Chêne, magnifique. On suit ensuite le GR, on croise quelques randonneurs et on coupe encore à travers la forêt pour rejoindre le PC2.
Non sans éviter quelques glissades de ma part et un magnifique vol plané qui me voit étalé de tout mon long. La fatigue peut-être ? Non, non pensez-vous ! Il nous reste le final avec toujours une belle réussite dans l’enchaînement des balises (je commence à y prendre goût), la sortie de la forêt de Rambouillet, après avoir vu passer devant nous une troupe d’un dizaine de biches et de cerfs tous plus grands les uns que les autres. Impressionnant et magnifique. On rejoint le dernier PS, on fait la dernière pause ravito, il reste 8 kms, on commence a être tous bien cassés du dos et des épaules.
Les 8 derniers kilos vont être un enchaînement de sentiers boueux, très pénibles. Mais toujours tirés par l’énergie de Jeannot qui donne le rythme, nous courons quasiment jusqu’à l’arrivée en doublant encore quelques équipes qui marchent en bandes, regroupées.
J’ai parlé de Jeannot notre orienteur et ouvreur de piste imperturbable, mais dans ces derniers kilomètres, alors que j’ai de moins en moins de jus, je suis épaté par l’endurance d’Annick même si je pouvais m’en douter car n ‘est pas Transauloise qui veut (1345 Kms courus en 18 jours au mois de septembre 2002).
Christophe ne perd pas le rythme non plus, toujours dans le coup. Il veut préparer un 24 heures pour cette année. Cette expérience lui sera bénéfique.
Nous finissons sur la même ligne, trentième équipe en 15h50 environ au temps réel mais incomplète donc non classée après avoir dû rater 4 balises au maximum il me semble. Nous sommes fiers d’en avoir terminé et heureux de cette expérience. Nous retrouvons Jean qui est un peu triste et pense à rentrer au plus tôt sur la Belgique.
Nous retrouvons également Phil et son équipe qui a réalisé une superbe course en moins de 15h30. Chapeau le Zoo !
Une bonne douche et un petit coup de champagne offert par Christophe pour son anniversaire et les Cagouilles repartent dans leur pénates respectives. Elles ressortiront un jour et les Z’animaux du Zoo n’auront qu’à bien se tenir.
Etienne
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