Retour courses 2002

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Le CR du Mammouth Rose

Pour mon premier essai, j'ai fais un peu les choses à l'envers.

Mais je vais quand même vous résumer ca dans le bon ordre !

Préparation : j'étais vraiment bien au point : j'avais du courir 3 fois en 2 mois, les trois fois pour nos entraînements en équipe ... heureusement que je suis un vieux de la vieille - et que j'ai un moral solide.

Bon j'exagère un petit peu car j'avais pas mal de km dans les pattes en ski de fond. C'est toujours mieux que rien.

Il est évident que d'avoir si peu couru ne m'a pas aidé à finir. Mais j'en reparlerai.

Malgré cette faible préparation, je n'avais absolument aucun doute sur mes chances de finir l'épreuve, et presque autant sur les Possibilités de l'équipe de ne pas gagner. Ce n'est pas un manque de modestie, c'est... une analyse des faits objectifs ! nous étions prêt techniquement et le niveau physique moyen était excellent : Dominique, Patrice, Pascal sont trois membres de mon club de CO, dont j'ai mesuré la valeur physique sur le terrain, et Christine a une forte réputation... Il aurait bien sur pu se trouver une équipe de niveau encore supérieure, mais nous étions nous même vraiment très bien. Bref, le point faible de l'équipe, c'était moi. Or je sais quand même assez bien estimer mes possibilités, même si cette épreuve est hors norme. Vu les entraînements, je savais que nous n'irions pas très vite, mais longtemps. C'est exactement mon profil habituel...
Donc confiance !

Trêve d'autocongratulation...

Samedi :

Je suis un peu tendu, j'entends un peu le sang battre dans ma poitrine pendant la sieste, dans l'après-midi. je sais déjà que je vais avoir sommeil, et je ne me trompe pas dans ce domaine. Pour passer la journée, j'ai joué avec mon fils, travaillé un peu sur mon portable, bref j'ai glandé en m'appliquant à penser à autre chose et à ne pas faire d'effort.

Le vrai problème de la journée était 'quoi manger ?' - oui que manger qui ne me reste pas sur l'estomac ou pire, sur les intestins, pendant la nuit ? ma solution avant les raids, c'est quelques crudités et du pain. Mais la, il y a aussi le repas du soir ! j'ai mangé léger (une demi pizza surgelée...) mais avec quelques doutes pour mes intestins...

Départ pour Bures à 22h... arrivé à 22h50 ! on ne peut pas dire que nous sommes arrivés trop à l'avance :-)

Passage express au contrôle, sans histoire, tout est prêt et nous sommes en tenue, déjà prêt à partir. Nous nous réfugions dans un endroit un peu plus calme, pour quelques étirements et ne pas s'épuiser nerveusement. J'en profite quand même pour aller faire connaissance avec les membres du zoo (ou pour dire bonjour à têtes déjà connues). Certes un peu rapide comme prise de connaissance, mais je sens déjà que j'irai bien me coucher... ca commence ! en attendant le top départ, je m'allonge et m'étire tout en me relaxant (physiquement ET moralement).

Dimanche : (ben oui !)

C'est parti ! comme prévu, nous repérons rapidement le premier poste sur la cartes et c'est parti. Je sais c'est rapide mais j'ai quand même déjà compté 3 équipes qui sont sorties du gymnase. Et celle-la, j'en suis certain, n'ont même pas regardé la carte... il est vrai que nous constatons que des rubalises nous emmène au premier poste !

Je ne peux vous donner tous les détails de l'itinéraire car je ne faisais pas l'orientation - je suis le poinçonneur de l'équipe ;-) -
mais il y des grands moments à vivre :

La balise à l'entrée du tunnel, placée en haut d'une échelle de service constituée de barre scellée dans la maçonnerie... sous le tunnel, les torches qui nous éclairent... plus loin, le passage dans le pipeline sous la nationale qui dure, qui dure... à un moment, un grand bruit et je perds de vue Patrice qui me précède. Instant d'angoisse : nous sommes à un déversoir, et il vient de tomber dans le trou... mais non, c'est juste une marche et il n'est même pas tombé, il a sauté au delà du trou !

C'est à ce passage que des contrôleurs nous courent après - à moins que ce soit les gens qui font le reportage sur l'épreuve, peut-etre les deux ? Toujours est-il que nous n'aurons pas le poinçon de ce contrôle car les contrôleurs qui sont à l'autre extrémité du pipeline n'ont pas la pince !

... Le passage par dessus une petite rivière en marchant sur un tronc de moins de 10 cm de large qui ploie sous notre poid.... brrr... enfin, c'est pour ce genre d'impondérable que j'ai dans mon sac un sweat de rechange (qui ne servira pas, heureusement)

La nuit n'est pas froide et sera même sèche sur les premières heures. Je ne porte qu'un sweat patagonia, ayant enlevé dès le départ le tee-shirt que je lui avais superposé pour couper le vent. Malheureusement, des averses un peu trop abondantes vont me contraindre à le remettre en milieu de nuit : non seulement cette deuxième épaisseur me permet de ne pas craindre les petites pluies, mais il m'isole vraiment très bien en cas de vent. Pour preuve, malgré les vents de la Beauce, je ne porterai rien d'autre jusqu'à l'arrivée.

Autre balise mémorable : le marécage... situé non loin d'un bled nommé de manière pour le moins évocatrice 'le marais', je dois dire que nous avons un peu regretté d'avoir suivi à la lettre les instructions du road book qui recommandait de partir tout droit, nous retrouvant dans l'eau jusqu'au genoux (voire pire...) au milieu de végétaux en décomposition, avec le risque en cas de faux pas de pratiquer la natation synchronisée... heureusement, après les différents passages humides imposés par les PP, l'orienteur nous choisissait une portion d'itinéraire roulant, histoire de se réchauffer les pieds en courant un peu.

Les passages difficiles : la boue, la boue, la boue.... 3 kilos à chaque pied en courant, ca ne dure pas longtemps. On se retrouve bien vite à marcher, tous les membres de l'équipe sans s’être concerté. Je poinçonne les balises, ce qui veux dire que c'est moi qui me farci les trous, ronces, buttes et autres joyeusetés que le traceur a eu le bon goût de choisir pour placer les balises. On sent qu'il a du s'amuser, et qu'il aime l'eau ... :-)

Aussi une balise mal placée. Enfin, pas exactement, c'est pire que ca : la balise était bien là ou le road book le précisait, c'est le point signalé sur la carte qui n'était pas au bon endroit ! merci l'IGN grrrrrr... il me semble que ce point n'aurait pas du être pris comme point de passage, vu ce problème de carte.
Encore un problème avec les chasseurs (d'ailleurs au même moment que la balise mal placée) qui ont organisé une chasse avec des tirs à balle. Manque de bol pour nous nous avons 2 balises dans le champ de tir ! nous serrons les fesses mais nous y allons quand même, nous sommes la pour la gagne.

Avant ca, il y avait eu la spéciale CO. Nous pestons en voyant l'heure : nous serons les seuls à la faire de nuit, le jour va se lever dans 30 minutes environ (il est 7h26) et l'équipe suivante est à plus de 30 minutes ! Les premières balises sont hésitantes, la végétation n'est pas facile à identifier de nuit. Quand le jour se lève, nous en 'profitons' pour nous planter sur un poste. ... disons que ca arrive ! tant pis.

Au delà, c'est la partie difficile du raid 28 : la Beauce... c'est plat, le vent souffle de face la plupart du temps, il y a peu de végétation pour s'en abriter. Nous passons encore dans un pipeline, un peu glauque celui-là : une eau savonneuse, avec des objets non-identifiés flottant dedans... vite la sortie ! surtout que pendant notre passage, nous avons droit au croisement avec un TGV : le bruit ...

Orienta'fond commence à avoir plus de mal. Nous faisons une file pour lutter contre le vent puis nous sortons la longe pour soulager Christine qui depuis quelques heures rame pour suivre le rythme. Du coup, ca accélère le rythme et là, c'est moi qui est du mal. Les trois autres m'épatent : ils sont vraiment indestructibles !

Depuis la spéciale CO, j'ai abandonné quasiment le poste de poinçonneur, faute de physique. Je suis à l'économie car depuis 6-7 h, mes cuisses sont en bois. Et ca ne s'améliore pas de km en km. Dans ces instants, je doute : si une équipe finissait fort derrière nous ? mais non, il suffit de mettre un pied devant l'autre et nous finirons. traduisez nous gagnerons. Mais je me demande quand même ce que je fais la au lieu d’être dans mon lit ou de jouer avec mon fils. Francois... je divague complètement et je passe toute la matinée avec lui, et avec catherine... berf, je plane pour tenir le choc moralement. C'est le moral qui me fait avancer car le physique est HS depuis belle lurette. Impossible de courir normalement, à chaque fois que je repars il me faut prendre de l'élan en marchant avant de pouvoir trottiner, et quelques instants avant de pouvoir courir réellement... A l’arrêt je titube, il vaut mieux que je continue de marcher, je contrôle mieux mon équilibre...

Peu importe, je compte à rebours les postes : poste 35 il en reste 5, poste 36, il en reste 4... Entre le 40ème et le gymnase d'arrivée, je déteste le traceur...

A 150 mètres de l'arrivée, l'équipe se tient par la main... à 30 mètres, Christine pousse un grand cri de victoire (ce que je souligne en disant 'finalement, tu avais encore des réserves...'). A 0 mètre, j'ai soudain beaucoup moins mal au jambes et c'est normal, je n'ai plus besoin de courir et je pense déjà à la sieste...

Dimanche après-midi : ben oui, nous avons quand même couru 13h54, contrairement au temps affiché après bonification ;-)

Je n'ai pas envie d'une douche, juste de me coucher et de dormir. Le super comité d'accueil est sympa, mais j'ai sommeil. C'est d'ailleurs mon principal commentaire quand le reporter cameraman me demande mes impressions à l'arrivée..

Je vais encore donner un mini-interview à un journaliste de la presse locale (tous les autres membres de l'équipe s'étant éclipsé) puis je vais m'allonger du coté des kiné, non pour me faire masser mais pour dormir. L'ennui, c'est que Pascal a embarqué par erreur toutes mes affaires en allant prendre sa douche, je ne peux donc pas me changer. Dormir par terre dans le collant tartiné à la boue et les tee-shirt du raid, c'est pas l'idéal. Pourtant, je crois bien avoir dormi quelques minutes. Ensuite j'ai été manger une petite soupe, cherché encore une fois pour mes affaires de rechange : toujours rien...
Donc, re-sieste. Pascal me réveille en m'apportant mon sac. je me change illico et me rendors immédiatement ! quelques temps plus tard, c'est catherine qui me réveille ; elle est arrivé, et elle est venue avec francois ! Pour le coup, je me lève (péniblement, mais est-il besoin de le préciser ?), mange une nouvelle soupe agrémentée de fromage, et, a peu près remis, commence à faire des mondanités en allant discuter le coup avec les raideurs. J'en profite aussi pour me pavaner avec mon Francois dans les bras, trop heureux de l'avoir retrouvé après avoir tellement pensé à lui pour tenir le choc... Je ne le lâcherai même pas pour la montée sur le podium, malgré la hauteur de la marche qui semble insurmontable avec des cuisses dans cet état !

Et puis, dans la voiture, pendant le retour à la maison, je vais m'assoupir toutes les 5 minutes. Et, chose exceptionnelle, en
arrivant à la maison, je vais prendre l’ascenseur !

Lundi, mardi, les cuisses vont mieux, seul reste quelques tiraillements dans les tendons des genoux. A la ligne d'arrivée,
Catherine me demandait si je le refaisais l'année prochaine. C'est à cet instant que l'on dit en général 'JAMAIS'. Mais je me connais. Alors j'ai préféré lui répondre que je saurais la semaine prochaine... Cette course est vraiment dure. Encore plus dure que tout ce que j'avais estimé. Elle est belle, surtout dans la partie forestière. Le reste, c'est pour finir, pour avoir fait un cheminement symbolique liant deux lieux identifiés Bures - Chartres, même si ce n'est pas Chartres même qui est notre lieu d'arrivée. Je ne sais pas encore si j'aurai encore le courage de la faire, maintenant que je sais ce que c'est vraiment. Probablement si l'équipe se présente à nouveau en 2003...

... mais à condition d'avoir plus d’entraînement que cette année !

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