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Le CR du Boeuf

Et ben ! La préparation aura été difficile, mais le raid 28, ça a été pire !

Malgré tous les petits problèmes d'organisation, tout semble être bon, samedi, en ce qui concerne la participation de l'équipe "Les touristes du Zoo" au légendaire raid28.

Je fais les dernières courses le matin même (hem hem), trouvant enfin ces satanés brassards, au bout du 7ème magasin de sport. En plus, on se demande bien à quoi ils ont pu servir...

1) préparation
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voici le contenu de mon sac et mon habillement :
sac DK 5+5.
Vêtements : collant de ski de fond, carline, polaire et goretex (qui pèse à peine plus lourd que mon Kway), bonnet, écharpe (polaire), gants. Avec un tee shirt respirant et 1 paire de chaussettes de rechange.
bouffe : 17 barres (balisto, grany et isostar, 20g) et 1 énorme sandwich jambon-camembert de 700gr ;-).
boisson : 2l d'isostar et 1l d'eau.

mon sac pèse 2,6 kgs sans eau. ce qui fera au final 5,6 kgs.
analyse a posteriori : je n'ai quasi pas touché au sandwich. j'ai mangé 14 barres, et seulement 2l d'isostar. je n'ai utilisé ni les chaussettes de rechange, ni les gants. je n'ai pas non plus utilisé mon appareil photo.

Après une bonne platée de pâtes à midi, je vais prendre mon train et retrouve Damien à 16h à Lyon. Pendant le trajet, je lui explique un peu le raid. On n'a jamais couru ensemble, mais je le sais indestructible, je n'ai pas d'inquiétude à son sujet.
Pour le mettre dans le bain, je lui fait lire le CR du Zoo l'an dernier.
On retrouve Julien à Bures vers 19h. Il est là depuis 15h, il s'emmerde comme un rat mort. Après avoir bu un coup, il est temps de chercher un resto. Tiens, y'a pas grand monde ici. On trouve finalement un resto chinois complet, on prend notre repas à emporter, on le mange assis sur le trottoir...

Et on se pointe au départ vers 21h, la fleur au fusil...
On fait nos sacs, on s'habille, on tourne, on regarde, on se met dans l'ambiance. C'est assez fascinant, tous ces gens qui s'équipent pour aller courir 80 kms dans la nuit !

Fred & Céline arrivent vers 22h. Ca y est, les touristes du Zoo sont au complet!
On va tous les pourrir !

Je ne rate pas l'occasion de chambrer Zoo1, qui se préparent mi-sérieusement (faut toujours qu'il rigole, L'Bourrin??? ;-)


2) Sacs
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Absolument aucun problème au contrôle des sacs, à part qu'il nous manque une carte. Si, si. On a acheté 2 fois la même. Arg... Il nous manque celle de Rambouillet. Assez curieusement, Papy Turoom nous rassure : "bof, ça ira, vous inquiétez pas!". Je suppose qu'il se dit qu'on se débrouillera bien avec la carte au 1/100.000è qu'on nous donne au départ ?
Je suis assez inquiet sur le coup, mais bon, on vient pour se balader, on se baladera !

Après cette petite discussion avec Papy Turoom, je lui demande confirmation de l'endroit où on se trouve : je lui indique gif-sur-yvette sur la carte. Il doit en rigoler encore...

On passe donc le contrôle sans problème, devant le Bourrin, un peu déçu de rater une occasion de me chambrer ! ;-)
Derniers préparatifs... On s'allège, on s'interroge, est ce que je prend une 2ème polaire, combien de barres, etc etc. Julien, qui a fait ses courses aujourd'hui (son avion atterrissait from Maroc à midi !), n'a pas trouvé d'isostar.
Ca me donne l'occasion de tester un nouveau dosage : je partage entre mon camel-bak, celui de julien, celui de damien et 1 bouteille de 1,5l. ça fait 425g pour 7,5l, soit 57g/l.

L'ambiance est assez spéciale, on sent que tout le monde attend. Il va se passer qque chose...


3) Départ
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Ca y est, tout le monde est passé sur le podium pour la photo officielle. Le moment fatidique approche...
Petit briefing, qu'on écoute d'une oreille pas très attentive...
Et à 0h01 (si), on nous tend les feuilles de route. Tout le monde se précipite. Certains sont fébriles.

Je rejoins mes équipiers, on relève 5 balises en vitesse. Et pourtant, on le sait bien qu'on n'est pas à 10' près... Enfin, on part en courant. "ça arrive, ça arrive" disent les bénévoles à notre sortie. On est les 1ers à sortir ;-)

Je me suis emparé de la carte après avoir relevé les balises. mais je ne le sens pas, je suis fébrile. Je refile la carte à Julien. On s'arrête souvent pour regarder la carte, mais on est sur des charbons ardents! On a envie de partir, vite, courir! Ils nous ratrappent ;-)

Julien nous emmène sans trop de problème au tunnel du PP1. Tiens, où est la balise? C'est bien un tunnel pourtant. Julien va voir de l'autre côté. Pendant ce temps, les autres sont attirés par une lumière au loin. Ca y est, l'équipe est séparée.
Julien, où es-tu ? Oulala, ça commence mal!

PP1
Finalement, j'entends Fred qui m'appelle, je hèle Julien, et on se retrouve au PP1 :
une balise (un losange de fer, parfois il faut avoir du bol pour qu'il se reflète à la lumière des frontales...) qui est à 5-6m de hauteur, à l'entré du tunnel. Je monte poinçonner.

et zou c'est reparti. Je fais une petite mise au point : pas de séparation de l'équipe ! Notre cri de ralliement sera : "touristes!".

Il y a un grand feu au milieu du tunnel, et on passe au milieu d'une haie de torche. Ambiance...

4) Le vif du sujet
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Comme le dit si bien L'Bourrin dans son CR, ce tunnel, cet alignement de torches, symbolisent à merveille le début du Raid28. C'est magnifique, et on a vraiment l'impression de participer à une aventure. Enfin, ce n'est que le début...
(tiens, en parlant de vos CRs, nous on n'avait pas vu qu'il y avait de la rubalise, et on est partis tout droit ;-)

PP2
On continue par le sentier, plein sud. Puis on tape dans la pente, toujours à une bonne allure, on a la pêche. La PP2 est dans la descente.

PS1
Un peu de bitume à nouveau, et on trouve le PS1 à côté du lycée. On se presse, on court, on fait la course, on est impatient, on râle qd les orienteurs marquent une pause! On ne dirait pas qu'on est au départ d'un raid de 80 kms. Mollo les gars, faut partir doucement ! On nous annonce 6ème.

PS2
Un autre PS juste à côté, on sort du bitume et on attaque les chemins, chic alors !

PP3 dans la foulée.
ça y est , on fait connaissance avec la gadoue du coin, en suivant une bordure de champ un peu instable.
 
Au coin du champ, la PP4.

On trace un peu dans la forêt pour rejoindre le tunnel sous l'autoroute. Comment ça, le tunnel sous l'autoroute? C'est quoi cette histoire ?
On voit bien l'autoroute, en face, mais un grillage nous barre la route. On trouve finalement un passage, et on arrive au départ du tunnel. Y'a des types qui se marrent, avec leur caméra. Ils nous suivent pendant la traversée.

PS3
Le tunnel est bas (je ne fais que 1m69, et déjà c'est très pénible de marcher plié en 2), et il y a une petite profondeur d'eau (plutôt 5cm que 20cm, n'en déplaise au Bourrin ;-) C'est rigolo comme tout ce truc. Faut pas être claustrophobe. Surtout que ça dure... je savais pas qu'ils avaient des autoroute 2 fois 16 voies dans le coin? Et le principal problème, c'est le froid.
Mine de rien, les pieds refroidissent... De temps en temps, je marche un peu sur les côtés pour éviter l'eau, mais c'est pas facile (le tunnel est cylindrique). Enfin, on arrive au bout. Ouf!

Il est temps de reporter des balises, y'en n'a plus sur notre carte. Nos orienteurs sont paumés, ils ne savent pas où on a émergé.
Le tout sous l'oeil inquisiteur de la caméra...

Finalement, c'est assez simple, pour arriver à cette petite rivière. Au pont, on choisi de la longer rive gauche. pas très malin, vu la position de la balise suivante. On se rend compte 3' plus tard, qd la rivière se jette dans l'étang, que la balise est rive droite... 1/2 tour, et hop.

PP5
Ce ne sont pas des gouttes que je sens? non... Il y a 1 km jusqu'à la suivante. Moments de doute. Sur la carte, ça a l'air simple, mais damien et julien hésitent, nous font traverser un champ, puis finalement non...

Il y a encore 1/2h, je faisais bien attention où je mettais les pieds. Je ne fais plus du tout gaffe, maintenant, j'ai les pieds trempés et il y a de la boue (déjà!) de partout. Et c'est sous la pluie (!) qu'on pointe la PP6 dans un champ. Damned ! La météo avait pourtant bien dit : "pas de pluie" !!! Je remercie silencieusement fred d'avoir pris un porte carte étanche, je me demande comment on aurait fait sans. Je sors ma goretex toute neuve, ah on est bien.

PS4
1 km plus loin, le passage sous la Nationale est facilement repérable. On est, je crois, 8ème, après un peu plus de 2h de course.
On décide de relever des balises. On commence à se poser, sous le tunnel du PS, et puis non finalement, on repart.


5) Les problèmes commencent...déjà!
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La prochaine balise est une bleue, mais elle est sur notre route, à environ 3kms. 500m pluqs tard, damien se rend compte qu'il a oublié la boussole là où on vient de s'arrêter. Il va la chercher.

On suit le GR111. Mais ce qui sur la carte est un gentil bout de sentier de randonnée de 3kms, devient sur le terrain un petit cauchemar. La boue, d'abord, omniprésente maintenant. On glisse, on perd nos appuis, on doit faire très attention à ne pas faire de faux mouvement... c'est usant!
En plus de ça, le sentier est en zig-zag, à cause des arbres tombés sur le GR. Du GR, il ne reste presque plus rien... Dans la nuit, avec la frontale qui déconne, on a aussi peut de se paumer. Heureusement il y a ce grand mur à gauche.

La PP7 doit être presque sur le GR. Quand on arrive à la hauteur, une autre équipe est en train de partir : "on se barre, on laisse tomber". Il faut repérer un ruisseau. C'est pas facile, y'a de l'eau de partout ! Levée de terre. J'en repère une, et joie, c'est la bonne. Chic. Je poinçonne en vitesse. Elle était bien planquée celle-là !


Et pour couronner le tout, on commence à avoir de gros problèmes de frontales. Julien et fred n'ont quasi plus de piles. Et comme julien a oublié ses piles de rechange... Du coup on ralentit pas mal. J'ai une petite frontale, mais j'ai mis une ampoule halogène. J'ai peur de tomber en rade aussi, alors je cours dans le noir. ça va.

On se fait doubler par une équipe qui a des projecteurs à la place des frontales. Impressionnant. Ca doit être lourd, mais qu'est ce que ça éclaire !! un peu trop, même, quand on prend ça dans les yeux !

PS5
On débouche enfin au PS5, sur la route. 3' de pause. Changement de piles. Oups, il faut manger aussi. Julien commence à se paindre, il a mal au bide. Il a mangé 2 barres, et ça remue, ça remue...

Il laisse la carte à damien, qui va orienter seul Allez zou, courage les touristes !

Et on est reparti pour une longue ballade dans la boue, sous les bois, toujours en suivant le GR. La balise suivante est une bleue, mais on est encore dans l'optique de tout ramasser. On débouche en bordure d'un champ. On ne sait pas trop où est la balise. Damien hésite, puis part à travers champ. Je le suis, le champ est fraîchement labouré, ça colle aux chaussures c'est l'horreur. L'équipe est séparée, j'ai l'impression qu'on ne sait pas trop où chercher la balise, les autres équipes ont l'ai paumées. Tiens, où est damien??? Il m'appelle, il était près de la balise, tranquille.

PP8
Du coup, on attire les autres équipes. Allez, on dégage. On pousse le cri de ralliement, les autres arrivent. Julien proteste, ce n'est pas la peine de chercher des balises et de s'emmerder dans la boue pour gagner 20'. Je ne suis pas tt à fait d'accord...
On continue à tracer à travers champs.

La prochaine est sur la charmoise, on ne sait pas à quelle hauteur. Damien part d'un côté, moi de l'autre. Il trouve la balise, et m'appelle (ainsi que qques équipes, au passage). Je reviens au taquet, m'écorchant qque peu au passage.
PP9
On coupe par le champ (encore!) pour rejoindre la route. Julien n'est vraiment pas en forme, il traîne la patte. J'essaie de rester un peu avec lui pour l'encourager. Fred et Céline on l'air ok. Damien est tout frais. Pas de problème. Quand à moi, je me sens une pêche d'enfer !

PP10 : sur le chemin. pas de pb.

6) Marais fétides
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la PP10 est trouvée très facilement, mais Julien ne semble pas pouvoir continuer bien longtemps.

on arrive à la fameuse PP11, à l'angle ouest de l'étang. avec damien, qui me demande conseil, on ne sait pas trop sur quel étang on est. je ne suis plus trop lucide pour raisonner, et comme un boeuf je prend le parti de faire le tour de l'étang "voir si elle n'est pas derrière". Erreur, car j'emmène mon équipe. Elle suit doucement, mais elle va faire la tronche 5' plus tard quand on va se retrouver dans une impasse, avec de l'eau partout, sans possibilité de faire 1/2 tour. M'énerve cette balise...

On tourne, on tourne, avec damien. Julien nous dit de laisser tomber, ça ne vaut pas le coup. On est à 2 doigts de lever le camp, qd on voit des bénévoles. Elle ne doit pas être loin... A force de tourner, on finit par la trouver. Mais une étendu d'eau nous sépare de la balise. Comment on fait ? Je prend mon courage à 2 mains (on est en pleine nuit, en plein milieu de marais fétides... ça pue !!!), et je commence à avancer prudemment, en tatônnant. Et je trouve un passage "à gué", je n'ai de l'eau "que" jusqu'en haut des cuisses. à l'arrivée, on apprendra qu'une équipe y est allé à la nage...

PP11 : ok, mais on a perdu ~30'

PP12 : facile. Damien va la poinçonner, pendant que les autres avancent doucement en restant sur la route.

PP13 : on donne carrément RDV à damien sur la route du PS6, pendant qu'il va poinçonner la PP13. Il prend la carte, ce qui m'occasionne une petite angoisse qd je commence à me demander si j'ai bien mémorisé le trajet...

Tout va bien, et on descend dans le village pour passer au PS6.

7) carrières
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2,5 kms jusqu'aux carrières de madagascar, c'est long... Damien nous oriente toujours sans faute.

PP14 : facile, vu la taille de la batisse...

PP15 : elle nous pose plus de difficultés. Damien me demande mon avis, et je raconte encore n'importe quoi. Mon esprit embrumé n'arrive pas à comprendre ce que signfie "à l'est de la carrière la plus à l'ouest", et on part tout au bout des carrières...
on va tourner un moment avec damien, dans les ronces. au dessus, dans les carrières... on essaie de se repérer par rapport à la croisée des chemins, mais j'y comprend rien. Jusqu'au moment ou damien me dit, c'est louche, il n'y a personne ! On retourne en arrière, là où on a laissé nos équipiers. Il y a des équipes dans tous les sens ! Je suis assez énervé contre moi même, je laisse damien aller poinçonner la balise.

on réveille céline qui s'était endormi en nous attendant. la longue pause a fait du bien à julien.

PP16 : suffit de suivre le chemin. il y a un petit comité d'accueil en haut d'une butte, pour nous filmer. Je fais le con avec julien, qui ne m'a rien demandé, et la caméra. "ça c'est mon copain julien, il a mal au ventre, il a mangé des saloperies" gazou gazou, le moral est encore bon !

PP17 : elle oblige à un détour, pour seulement 20' de bonif'. Damien a envie de se dégourdir les jambes, il va la chercher.
on s'est donné un point de RDV sur le GR, on se retrouve tout va bien.

PP18 : damien part devant (décidemment!!) pour la chercher. qd on arrive sur zone, on l'appelle, il revient sans avoir poinçonné. Il n'a pas compris où elle pouvait être, et s'est dit que pour 20'... 1ère balise ratée !!!

Allez, courage ! le PP20 nous tend les bras !! C'est à peu près à ce moment là qu'il commence à faire jour.

PP19 : tour de la grange, sans problème.

PP20 : sur la rivière, en amont. damien observe la rivière, et sûr de lui, part d'un côté. comme les autres équipes, d'ailleurs. au bout d'un moment, je vois des types qui vont poinçonner de l'autre côté. je leur demande s'il l'ont trouvé (ce que je n'aurais pas fait si on avait encore été en course), et j'appelle damien. Il a bourré un peu (il joue la gagne ;-) je lui propose d'aller poinçonner. le jour se lève, je suis content d'être ici, je pars en sprint chercher la balise, me met à l'eau sans hésitation, berk, plein de boue, encore. Et je rejoins mes équipiers.


8) Abandon
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On arrive au PP20 à 8h05, de jour, un peu inquiet : je découvre à ce moment là :-( les horaires conseillés, je ne pensais vraiment pas qu'on était déjà dans le rouge ! on est 26è. on mange un morceau, on boit un coup.
On discute avec julien. il est à l'agonie, il ne peut pas continuer. En plus, à la vitesse où on avance (ça fait longtemps qu'on n'a pas couru !), on ne passera pas le PC2. On lui file qques bricoles (ma frontale, mon sandwich de 700g ;-) et on l'abandonne là, tout seul, à 8h15.

C'est une grosse déception, mais il n'y a pas d'amertume, julien aura fait ce qu'il a pu, et maintenant ça va être à nous de faire ce qu'on peut pour rallier l'arrivée : nouveau défi ! On est tous motivés pour finir.

Allez, plus que 40 bornes ! (on s'imagine à ce moment là, avoir déjà parcouru 40 kms ;-) 9) c'est dur au petit matin
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les 3 balises suivantes ont déjà été retirées (à cause de la chasse), on a 7 ou 8 kms jusqu'à la prochaine balise ! bon, ok, il est mignon ce GR, mais bon...
On trottine assez régulièrement, de tps en tps céline et fred se font distancer, mais on avance qd même à un bon rythme par rapport à tout à l'heure. J'essaie de me motiver en rattrapant d'autres équipes. Mais c'est dur. Dès que ça accélère, je n'arrive pas à suivre. ouille. je n'ose même pas penser à la fin du raid. Je n'ai pas de bobo, mais je n'arrive plus à courir. Et quand je marche, je m'endors !!!

Enfin, on arrive à ce PS7 des culs de chaudière. On coupe par le chemin pour aller chercher la PP24. Je n'ai plus la force de m'intéresser à la carte : je me contente de demander à damien, plein d'espoir, si on peut l'attendre ici pendant qu'il va
poinçonner...

PP24 : quasi sur le chemin.

PP25 : sur le GR

puis on emprunte un chemin, qui est vite en rase campagne : on voit des habitation au loin, qui ne s'approche pas...
je propose à damien de courir, prendre de l'avance afin de pouvoir noter les prochaines balises. au fond de moi, je tiens absolument à arriver à tps pour la CO ! On arrive à "les granges-le-roi", on se pose sur une bouche d'égout à l'abri et on relève les balises restantes.
Je regarde de tps en tps sur le chemin si je ne vois pas les autres passer, mais ça ne m'empêche pas de les rater ! Il nous doublent sans nous voir, et font 1/2 tour qques mètres plus loin, à un carrefour ils se sont doutés qu'on avait du s'arrêter.

On arrive au départ de la CO à 10h02. Et là, ce qui n'est vraiment pas logique étant donné l'heure qu'il est et les horaires d'élimination, je négocie avec le bénévole pour faire la CO quand même. Si j'avais réfléchi 2mns, je me serais rendu compte qu'on allait avoir du mal à joindre le PC2 dans les délais. Allez, siouplez, de toute manière on n'est que 4, on est déjà éliminés...
Je lui fend le coeur, il me donne une carte et antidate notre départ à 10h00 au lieu de 10h05. Nous n'arriverons pas complets, mais j'ai envie de tout donner sur la CO. Je pars avec damien, on file la carte à fred et céline et on se donne RDV au PS8 (arrivée de la CO)

10) la CO, c'est bon, mangez-en
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non, décidemment, j'adore ça. Je ne sais pas ce qu'il m'arrive : il y a encore 10' j'arrivais pas à trotinner à 6kms/h, et maintenant que j'ai une carte dans les mains, je cours à bloc. j'indique les balises à damien, qui va les poinçonner. tout se passe bien, quasi pas d'erreur. c'est qd même bcp plus rigolo la CO. on court, on coupe à travers dans les ronces, on réfléchit, on interprète les signes du terrain, de la végétation, etc. On ne trouve pas tout ça dans l'orientation du raid.

Et on arrive bien défoncés au PS8, à 10h51. rahhhh.


11) Abandons...
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Et c'est au tour de céline et fred de rendre les armes. fred aurait bien continué, mais il préfère raccompagner sa douce et tendre, qui est complètement naze. mais, surtout, ils ont moins de motivation pour terminer maintenant que julien a abandonné, et en plus ça va être short pour finir, avec nos petites folies de CO.

la mort dans l'âme, on abandonne encore 2 équipiers de plus, et on part en courant (assez vite, ma foi), l'oeil sur la montre.
on a 1h pour faire 6,5kms. Mais je paye mes efforts de la CO : je sens que je vais avoir des problèmes pour finir. un bénévole nous dit que, maintenant, il va falloir aller au plus court. je suis d'accord...

on discute un peu à propos de la prochaine balise, mais je suis encore dans une mauvaise passe, et on décide de ne pas aller
chercher la PP27. 60' de pénalité. c'est dommage, je n'ai même pas regardé la carte, sinon je pense qu'on y serait allé, elle n'était pas si loin.

PP28 : damien me fait descendre à travers bois, je trouve ça assez curieux, mais j'ai confiance. on cherche une clairière. On tâtonne un peu pour la trouver celle là. tiens, 20' de bonif.

PP29 : on sait que c'est au bord du ruisseau... comme on a du mal à réfléchir, on choisit encore la solution de partir chacun de son côté. on dit traverser le ruisseau sur un arbre couché. damien a encore de l'équilibre, mais je n'ai pas confiance, je passe dans l'eau, en me tenant à l'arbre. berk, encore de la boue.

en remontant dans le champ en face, j'aperçois un chevreuil. joli, je m'arrête pour observer.

PP30 : sur le chemin.

j'ai le regard fixe, je sens que damien commence à s'inquiéter. de tps en tps je me remotive, et je repart en trottinant. je fait les 4 derniers kms en comptant sans arrêt dans ma tête, en essayant de calculer combien de kms il reste. Et toujours en partant du principe que le PC1 était au km 40. Du coup, je me remotive en me disant qu'il doit rester 15kms, peut être moins, à partir du PC2. on a la ferme du PC2 en vue, damien m'encourage. au passage, on croise une charmante bénévole, qui nous encourage
chaleureusement, ça fait chaud au coeur.

PC2 : on y arrive à 11h50, en 16è position (j'ai encore la force de regarder notre position ;-) je me fixe sur 15kms : s'il en reste plus, j'abandonne. je me vautre sur un banc, et je dit à damien : je suis niké. dans ma tête, je suis en train de glisser vers l'abandon. je ne me vois pas terminer, et comme de toute manière l'équipe a déjà perdu...

je sens de grosses ampoules sous les pieds. je n'ose pas regarder. et, surtout, je commence à avoir mal au coup-de-pied gauche. ça ne me dit rien qui vaille, ça fait un peu début de tendinite.

j'ai repoussé le moment fatidique : "combien y reste de bornes ?" 24. blam! je dois tirer une drôle de tronche, le bénévole m'encourage.

et puis je repense aux templiers, et je me dit que, de toute manière, on termine toujours. ça prend des heures, mais on avance...
et damien me regarde, attend, m'encourage. je ne vais pas le laisser tomber ?

après 20' de pause, on repart. j'ai de nouveau le moral, on va tous les pourrir, me dis-je alors. j'ai vu passer un gros paquet d'équipes, ça fait un objectif ! ;-)

à ce moment (comme au PC1 d'ailleurs) j'ai une pensée pour Zoo1, en voyant qu'ils ne sont pas passés, je me dit qu'ils vont probablement se faire griller, il est déjà 12h10...
(arg, pas encore fini, courage, plus qu'un épisode... j'ai des progrès àfaire en CR ! ;-)

12) c'est reparti mon kiki !
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je ne suis jamais passé aussi près de l'abandon, mais il va falloir trouver des ressources pour terminer... je suis inquiet à propos de mon tendon du tibia gauche, qui me fait mal à chaque fois que je décolle le pied du sol. ça sent la tendinite, qui risque de se dégrader. et comme j'ai un peu moins mal en trottinant, je m'y remet dès que j'arrive à rassembler assez de courage.

PS9 : oh ! chic, encore 1 tuyau sous l'autoroute ! plic-plouc, rigolo. et, tiens, une balise au milieu du tube.

PP31. Curieux, c'est une bonif, aurait-on fait un détour ? je ne me rend compte de rien sur le coup, mais c'est le cas. je me
suis fait roulé par damien, qui a profité d'un moment d'inattention de ma part ;-)


13) ça souffle
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commence alors les longues traversées, interminables, avec le vent de face qque soit notre orientation ;-)
je "prend l'aspi" de damien, rigolez pas, ça soulage vachement! pour commencer, 3kms jusqu'au PP32, en ligne droite le long de l'autoroute.

c'est pas le plus marrant du raid. non seulement, je suis à l'agonie, mais c'est long... c'est long... et en plus, il n'y a plus d'orientation, et c'est tout plat ! je demande de tps en tps à damien le nb de bornes jusqu'à l'arrivée, je compte presque mes pas...

PP32 : dans une petite maison. en attendant que damien aille poinçonner, j'observe le spectacle magnifique de 5 chevreuils, qui se balladent dans le champ... j'ai une petite pensée pour eux, en me rappellant les chasseurs qu'on a vu avant d'arriver ici...

on suit maintenant la voie ferrée. j'ai l'impression qu'on a la carte IGN entière à traverser en ligne droite.
rien à signaler, sur 4kms tout droit jusqu'au PS10. on se fait "controller" dans l'ancienne gare, et on continue en longeant les rails. on est 18è. eh oui, je continue à regarder le classement ;-) on passe plusieurs équipes juste après le PS10.

et c'est reparti pour une grande ligne droite...

PP33 : 3kms plus tard, damien me dit : bouge pas, je vais chercher la balise, et il disparait dans les bois. ok, pas de pb ;-)
il réapparait un peu plus loin, je le rejoins.

PP34 : à 500m, dans l'eau qui passe sous la voie.
là, je ne me rappelle plus si le sentier continuait le long de la voie ferrée, mais je me demande si damien n'a pas fait une petite erreur : on est remonté, à l'ouest, sur la colline. un peu de dénivellé...
hop, une petite descente dans les bois, et au bout de 2kms, voici l'étang de la PP35. elle est au sommet d'une butte, pas très haute, mais une fois de plus, je remercie damien d'y aller. on fait le tour du lac, et la PP36 est de l'autre côté.


14) Auneau
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on ne sait pas où est le PR3, dans auneau. on se contente de suivre les autres équipes. arrivé au contrôle, je me vautre par terre,
pretextant des cailloux dans la chaussure pour me reposer un peu. au gd dame de la gentille bénévole, qui trouve que l'endroit que j'ai choisi pour m'affaler est bcp trop près de la route !

on regarde un peu la carte. le bénévole ne veut pas nous dire si le PS11 est éliminatoire ou pas. mes neurones sont dispersés, je ne pense même pas à regarder les feuilles de route.

9kms par la balise bleue, 6kms par les vertes. j'en ai vraiment trop marre. je ne suis pas plus fatigué qu'il y a 3 heures, mais j'ai envie que ça s'arrête. damien n'insiste pas, nous ne ferons pas le détour.
par contre, dans auneau, on en fera un, de petit détour. je demande à un coureur : c'est par où les vertes? "les vertes c'est par là, la bleue est par là" ;-) et damien m'emmène visiter le chateau d'eau d'auneau ;-) ça fait pas un gros détour...

on se tape 3 bornes de route, ennuyeux à mourrir. puis on tourne dans les sous-bois, c'est mignon. damien ne trouve pas la balise, il fait des allers retour, puis revient tout gêné vers moi, on est allé un peu trop loin, on est sur la rivière, mais sur un pont trop au nord.

sur le bon pont, on trouve les survivants de zoo1, qui m'ont l'air ma foi assez en forme. damien est déjà descendu chercher la balise, qui est en contrebas. Poc propose de lancer leur feuille de contrôle, ce qui n'est pas forcément une bonne idée si elle passe à l'eau ;-) on papote 2', et on prend congé.

on passe encore sous les bois, ah je préfère qd même ce genre de terrain, c'est plus agréable. 1km plus loin, voici la PP40, YES! ça se tire. damien va la poinçonner en passant par la gauche de l'étang, je ne m'arrête pas et continue par le plus court, il me rejoins. j'ai un petit passage où mes nerfs commencent à lâcher, je réalise qu'on va terminer, je suis tout ému ;-)


15) YES YES YES !
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2kms plus loin on est à béville le comte. on aperçoit un épouvantail à l'entrée de la ville, normal. on ne sait pas trop où est l'arrivée, on traverse le village un peu au hasard, ce qui explique qu'on ne soit pas arrivés par le même chemin que les autres ;-)
une gentille dame nous indique la salle omnisport (apparamment on n'est pas les 1ers ;-)

et, YES, on passe la ligne d'arrivée sous les vivats de la foule en liesse !!! ;-) on en termine en 16h15 (à peu près), on est 10è.
je crois que la caméra vient nous interviever. je sais plus. assez curieusement, je ne ressens pas l'émotion que j'attendais.
je suis trop fatigué pour ça, je pense... aux templiers, je m'étais isolé un moment pour encaisser le choc et retrouver mes esprits.

je croise les zoo de ci de là, ils s'inquiètent de savoir où sont passé Poc et bibi. Je les rassure (j'espère) en leur disant qu'on les a passé vers la fin. L'Bourrin se fout de nous, on n'est pas arrivés par le même endroit que les autres équipes.

Musculairement ça va, en tout cas comparé aux templiers où je l'étais assis par terre sans pouvoir me relever seul (crampes).
par contre je commence à avoir sérieusement mal au tendon. chaque fois que je dois traverser la salle, c'est en clopinant, tout dou-ce-ment...

je n'ai qu'une seule envie, c'est m'asseoir. et manger. et dormir, je dors debout...
je prend mes aises, me change, la douche ce sera pour plus tard. on mange à la table des zanimos, on arrose tout ça d'une bouteille du Bourrin (merci !!!). je suis tellement dans le colletard que je ne pense même plus à la clairette et aux guiness que je me suis coltiné dans le train :-( ce n'est que parti remise!


16) retour maison
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damien nous trouve une voiture, on part peu après 18h. pour aller à la voiture, je me fais semer par les 2 gentilles dames
qui nous emmènent à bures sur yvette ;-) heureusement, damien porte mon sac ;-)

après plusieurs 1/2 (pas très fortes en orientation, les gentilles dames ;-) (m'en fout, je roupille au bout de 2'), on arrive à bures,
et cette fois ci c'est la dame qui me porte mon sac jusqu'à la gare ;-)

RER direction massy, je met un tps infini à traverser la gare. c'est galère, y'a pas de train avant 20h50. on poireaute dans la
gare de massy, ce qui me donne l'occasion de papoter un brin avec Papy, conversation malheureusement interrompue par mes batteries. (au passage, merci pour les messages sur le portable, c'est dommage qu'on n'aie pas pris mon tél) (entre autre, un pote nous a appellé à 10h le matin, il voulait savoir si on avait bien terminé ;-)

on arrive à lyon à 22h55, je laisse damien, damned je vais devoir porter mon sac ;-) encore 1 gare à traverser, il n'y a même plus de train je dois prendre le bus. je roupille tout le trajet, arrivé à grenoble il me faut encore retrouver ma voiture (garée loin...:-( ) j'ai toutes les peines du monde à conduire.

et, enfin, le raid 28 ne se termine réellement pour moi qu'à 1h du mat', où il ne me reste plus qu'à prendre une bonne douche et
à retrouver mon lit, ENFIN !


17) bilan
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(je l'ai déjà fait dans un autre mail, le voici :)

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Et, je n'ai pas encore pris le temps de le dire, BRAVO pour l'organisation ! Des bénévoles partout, partout, tu fais un élevage ?
;-) Le seul bémol soulevé par les autres zanimos était à propos des douches, perso ça ne m'a pas tellement gêné, je n'avais pas la force d'en prendre une ! (gros sale)

Par contre, je ne suis pas sûr de revenir (on dit toujours ça ;-) Non que ça ne m'ait pas plu, au contraire.
Mais pour moi, c'est malheureusement trop loin, et ça coûte trop cher (en voyage surtout). Et j'ai trouvé la fin du WE très très désagréable, dans l'état où j'étais, passer 7h dans les transports !!! et puis c'est pas facile de monter une équipe.

qques commentaires "+" : cf CR
- j'ai adoré le petit bout de CO. d'ailleurs on a fait le meilleur temps, dommage, nous n'étions que 2.
- j'ai adoré la boue ;-)
- j'ai adoré certaines balises (le marais... même si elle m'a fait tourner en bourrique !)
- j'ai adoré les originalités, style les tunnels.
- j'ai adoré finir : "je l'ai fait"

qques commentaires "-" (ce n'est qu'un avis, n'y voit pas une critique négative)
- je préfère qd y'a du dénivellé, c'est personnel. du coup, les 30 derniers kms, c'est pas ce que j'ai préféré.
- j'aurais bien aimé, moi, qu'il y ai du canoë.
- habitué à la CO, j'ai été gêné par les définitions de postes, qui sont assez imprécises. parfois, je me suis dit que c'était un peu de chance de tomber dessus.
- damned, je n'ai jamais été en condition d'orienter, dommage.
- damned, je me suis fait mal.
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je pourrais rajouter que je suis bien sur très déçu de ne pas avoir terminé à 5, mais je pense qu'on aurait eu de bonnes chances sans les ennuis gastriques de julien. on avait une féminine en or ! et je pense qu'il me manque un petit qque chose, c'est de finir à 5 en se soutenant moralement les uns les autres.
bien sur, c'était très sympa d'être soutenu comme je l'ai été par damien, mais ça n'a marché que dans un sens : j'étais un peu un boulet pour lui, qui me donnait l'impression de pouvoir terminer en sprintant !

18) récup
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lundi, j'ai marché avec des béquilles. si si, j'en avais sous la main, et ça me soulageais bien. jusqu'à vendredi, je n'ai pas pu faire plus de 100m d'affilé. je suis allé voir le toubib samedi, antiinflammatoire. 1 semaine 1/2 après le raid, je n'ai tjs pas recouru. grrrr. ça tombe bien, je croule sous le boulot...
sinon, musculairement, j'ai très vite récupéré. et contrairement à ce que dit Papy, nerveusement je me sens prêt à courir un 24h ;-)

allez, bcp de ski de fond, 2 sorties par semaine de càp, et je serais prêt à pourri L'Papy aux 100kms de StNazaire ;-)

Merci de m'avoir lu jusqu'ici, CA, c'était une vraie perf ;-)  

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