|
Bonjour à tous,
(Je rentre de mon second 30' en E de la semaine... Je vole au niveau de mes sensation et j'ai l'impression de me retrouver avant le 24h, MAIS, il me faudra quand même étirer la bête car des alertes au niveau des genoux ne sont pas à négliger. PENSEZ AU STRETCHING !)
Il me souvient avoir tenté un compte rendu il y a quelques jours...Comme je le trempais ;'-) à chaque fois et que notre Lapouneur s'est fendu du sien, je vais tenter de faire une approche de l'intérieur avec les différents états d’âmes de ma pomme suivant les étapes...Attention, ce sont des ETATS D'AMES et non des jugements définitifs ! Ils montrent mes doutes et mes espoirs vu de ma fenêtre aux instants précis. Vous comprendrez que ces pseudos jugements ont évolués tout le long des évènements et que beaucoup se sont avérés inexacts. Mais, les révéler aujourd'hui, montrera bien que nul n'est infaillible, et que même si on se trompe, il faut savoir l'analyser, faire son mea culpa pour obtenir une plus grande réussite par la suite !
Ne m'en veuillez pas, mes coéquipiers, d'avoir douté par moments, vous m'avez donné sur le terrain, la plus belle des réponses !
Ceci posé, on y va...
Part I - L'avant course !!!
Et nous voilà le 28 Novembre 2001, un pote, L'Blutch, ki se censure actuellement au lieu de nous faire profiter de son expérience (et toc, un p'tit coup dans le tibia ;-]) me courriel un site www.raid28.com en me le proposant...
Ayant déjà effectué 2 Défi Vert avec lui, je survole le site puis donne mon accord sous réserve de bien fixer les objectifs !Pas de pb, on essaye de monter une équipe... Après recherche auprès des proches et sur la Ménagerie, nous voilà avec 2 équipes, dont une représentera le plus haut possible la ML du Nitrophil !!!
Comme je suis l'instigateur de l'équipe, j'en deviens le capitaine. Et là, commence les doutes... Je fais l'état de mon équipe... Une bande de joyeux lurons, mais.... TRES PEU d'expérience dans ce genre de sport, et surtout pas de grosses performances sur le long. Qu'ai je été me foutre dans cette galère... :-( SURTOUT que, hors l'instit, je ne connaissais VISUELLEMENT aucun de mes futurs compagnons de galère.
Les premiers Pommes De Terre (PDT) passées, je tente de me resaisir et je fais un état des lieux...
1/Papy : Relevant de son crash du 24h, il a du mal a s'en remettre et bassine tout le monde de ses perfs d'il y a Aouuuuuuuuu...
2/Lapouneur : Il parait être un bon gros, sympa, qui aime la ballade, mais je ne sais pas si dans la difficulté, il n'appellera pas "Maman, au secours". Record sur Marathon en 3h40', pffffffff....
3/L'instit : Est tombé d'accord pour venir sur un coup de tête qu'elle risque de regretter. Elle n'aime pas les longues distances, et a un record sur marathon à 4h16'...Pfffffffff... On n'est pas rendu ! Arf ! Il faudra qu'il prévoit, pour nous, une arrivée nocturne !
4/Michel : Traileur confirmé, mais plutôt en queue de peloton. Il a bien réalisé 3h22' sur Marathon, mais il semble un peu léger pour résister à une pression hors du commun. J'ai peur qu'il parte vite, puis qu'il se plaigne avant le lever du jour...
5/L'Toutou : Il serait la valeur sur, s'il n'avait accumulé les bonnes performances cette année. Il se révèle, mais doute encore un peu, de plus, son corps soumis a rude épreuve risque de casser...
Et vous voulez qu'avec une telle équipe de bras cassé on se lance dans le Raid28 ? Sachez que je n'ai vraiment déchiffrer le règlement qu'une semaine avant le départ... Heureusement, sinon, au lieu de perpétuellement chambrer avec ma mini jupe et mon pouce levé, j'aurais peut être décliné la course... Arf !
Après l'état des lieux et échange avec l'Blutch, je décide une réunion champenoise à l'équipe et même plus, JE L'IMPOSE, pour tater le niveau de motivation. Zut, malgré quelques réticences, tout le monde réponds rapidement présent ! ;-)
L'avantage de cette équipe, il y en a un quand même, est qu'elle aime bien faire la fête ! Du moins, a ce moment là, je l'espérais bien ! Ma stratégie fut donc axée, à partir là, sur le coté festif de nos 2 futures rencontres, en Champagne et au Raid28.
Je pense que vous avez tous lu le compte rendu de notre entrainement champenois... Non ? Alors vous perdez un tour, faites un gage sur www.escribe.com rubrique jogging avec le titre "Raid28, J-15, l'entrainement".
Qu'en ais je tiré ?
1/ Qu'eul'Papy avait bien du mal a calmer sa nervosité, et qu'il lui faudrait appliquer la théorie du presse purée qu'il professe. Fais ce que je dit et pas ce que je fais aurait pu être ma maxime du Week End ! Si j'avais eu un capitaine comme cela, je me demande si j'aurais pris le départ !
2/ Le Lapouneur : Il n'est pas gros !!! Arf ! Et même slooguy pour sa taille, malheureusement, contrairement à mes espérances, ce n'est pas un excellent orienteur. Vu le temps qu'il a mis a décider de prendre un chemin avant de faire un tour complet au lieu d'aller de l'avant, ne laisse pas augurer une course courte au raid28. Tant pis, on visitera les forêts des Ulis jusqu'au petit jour...
3/ L'Instit : Alors, comme cela mademoiselle n'aime pas la boue et préfère son Lancel a un vulgaire sac à dos ? Elle ne veut même pas porter de poche à eau ? Mamma mia, mais comment va t on faire au raid28 ? Faut prendre un hôtel à Bures pour y coucher à 2h du mat ? En plus, elle veut même nous imposer ses galettes... Mouarf ! Ce sont des gaufres... Vous vous rendez comptes ? DES GAUFRES sur un raid ! Et pourquoi pas des crèpes pendant qu'on y est ? Je sens que je vais amener un réchaud dans mon sac !
4/ Michel : Au secours ! Comment il est habillé ? Il ne se rend pas compte que l'on va faire un raid ? En plus énervé comme je suis, je ne peux pas lui dire, je ne trouverais pas les bons mots et je vais le vexer ! Aïe, je sens qu'il va nous claquer dans les doigts au premier froid !
5/ L'Toutou : Arf ! Heureusement qu'il est là... Calme... Un peu trop d'ailleurs... Tellement qu'il parait même usé... Pour le réveiller le matin ce n'est pas une sinécure !!! J'espère qu'il se réveillera pour le raid28... Et pourquoi pas le nommerions nous pas capitaine ? Parce que l'autre...
Tant bien que mal se passe les jours qui précèdent le Raid28, je tente de motiver mes troupes jusqu'à ce que le Toutou attire mon attention par un : "Va voir à www.jdmbures.fr.st/ section reportages puis Impressions raid 28 par les Ulis toujours et puis après par l'équipe JDM pour reprendre un peu le moral. J'ai tout comme l'impression que l'on va en "baver "un peu. De mon coté, pas d'angoisse, je m'y attendait un peu. Si tu veux passer l'url aux autres membres de l'équipe, tu vois, c'est toi le capitaine ;-)). moi, je ne me prononce pas ;-) Mentalement je suis prêt, physiquement on verra..."
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Aïe ! Aïe ! Aïe ! Aïe ! et Ouille
Rappelez moi l'adresse du Blutch que je me l'étrangle menu-menu !!! Mais ou va ton ? Que va t on devenir dans cette galère ?
Heureusement (un peu de positif dans cette histoire ne fera de mal à personne Arf !) je sentais que la motivation montait peu à peu chez mes coéquipiers et que de la "bonne peur", de celle qui permets de se surpasser, commençait à apparaitre. Des mots, des bribes, des interrogations ou simplement des mots d'encouragement me montraient que, malgré nos handicaps, abondamment relatés ci dessus, une cohésion commençait à naître en 5 personnes d'horizon relativement différents.
Je rappellerais, au non-habitués de ces lieux, que le Lapouneur est un Havrais prof d'Histoire-Géo, que l'Instit est prof de religion du cote de Walcourt (Belgique), que Michel est Directeur Consulting en CRM à Paris et que l'Toutou est informaticien à la SNCF Chambéry. Pour ma part je travaille au service des vignerons champenois ! (Je note des yeux gourmands dans l'assistance, non, je n'en ai pas sur moi ! Arf !)
Vous pouvez juger, avec ces origines diverses, que la cohésion n'était pas gagnées, même si l'esprit français veut que l'homme soit universel. (Mais c'est un autre débat sur la management ! Arf !)
Donc je sentais que de manière imperceptible, ces personnages qui ne se connaissaient pas, il y a 15 jours, commençait à parler le même langage. Et même si certains doutes subsistaient, je commençais à me prendre au jeu et a me dire que "pourquoi pas ?" Oui... Pourquoi notre équipe de bras cassés n'arriverais t elle pas au bout ??? Qu'avons nous de moins que les autres... De messages en messages, l'espoir monta et nous somme arrivés à Bures plein d'espoir...
De l'espoir qui naît chez les naïfs qui ne savent pas vraiment ce qui les attendent.
Il faut que je vous fasse part d'une des nombreuses anecdotes
que Papa Turoom, le senor Patrick Pilorget m'a raconté le lundi après le raid28.
Il m'expliquait que lorsque l'on s'est inscrit, nous les avons bien fait rigolé, et ils ont suivi nos messages avec sympathie. Mais quand à notre passage à la mi-course ils en étaient fort septique ! Arf !
Pendant que j'y suis... Message personnel... L'Papy a perdu un sac transparent avec une veste cycliste marqué CSGV, un sous-vêtement respirant bleu, des piles, des ampoules et des chausettes de rechanges. Cela aurait du se trouver dans mon sac "poche à eau", mais que nenni, je n'ai plus rien... Je les ai soit oublié au départ, soit perdu dans mon superbe saut perilleux du premier quart de la course, soit à l'arrivée. Si quelqu'un voit ces pÔvres vêtements abandonnés, veuillez faire un courriel à leur maître. Je voudrais les rassurer, je n'ai pas essayer de les perdre dans la forêt ! ;-)))
Ceci vous donne un léger aperçu de mes performances durant la course ! :-(((
Je vais d'ailleurs commencer ma vengeance... Apprenez chers coéquipiers, que je suis en train de déguster un bloc de foie gras de la comtesse du barry accompagné d'un champagne millésime 93 de derrière les fagots ! Mmmmmmmmmmm, je me régale !!! Pas vous ??? :-(((
Partie II
Nous voilà parvenu en ce samedi 20 Janvier, ou, après moult messages de logistique, je ramasse l'Instit au RER, puis nous fonçons sur Maintenon-Pierre. Charmante bourgade ou nous flemmardons tout en appelant le Lapouneur sur son portable...
J'obtiens la voie charmante de la Lapouneuse-bikette sur son répondeur... Koi ??? Il n'est pas encore arrivé ? Il roule dans un endroit ou on ne peut pas le joindre ? Nos supputations n'ont pas le temps de se transformer en angoisse, car tel un échassier surveillant les environs, il nous apparait sur le trottoir. A nos interrogations, il nous avoue avoir oublié son portable... Pourvu qu'il n'oublie pas, ce soir, de regarder la carte... Echange d'amabilité, rencontre avec Papy Turoom, dont le sourire ironique à l'annonce du nom de notre équipe ne prendra sa valeur que bien plus tard ! Après avoir vainement tenté de trouver un frigo pour notre champagne de la victoire, nous partons pour Sartrouville, à coté du centre du Monde.
Je passerais sur les bassesses du Lapouneur à qui j'ai fait l'honneur d'une visite privée de Rambouillet et de la Nationale 10 vue d'en dessous... Arf ! Malheureusement cet impromptu ne fut pas goûté à sa juste valeur, et nous voilà en retard chez Michel.
Accueil royal de ma'ame Neutron qui nous formule tout ses bons voeux avant de s'éclipser... L'équipe est réunie pour les premiers échanges car l'Toutou était déjà arrivé. L'affectation des postes, après la lecture des comptes rendus des JDM, se fait tout naturellement. L'Lapouneur orientera,
L'Instit surveillera, L'Toutou fera porteur d'eau et Michel plaquera les balises récalcitrantes. Et moi ? Rien... Il vaut mieux si l'équipe veut conserver la moindre chance d'arriver au bout...
Nous voilà parti pour Bures ou l'équipe arrive dispersé ! Le premier exercice de cohésion tourne mal !
Nous voilà dans la salle de vérification, et là, pfuiiiiit... Y a plus de Papy ! Il plane, il rêve... Mes 4 partenaires, à tour de role, me rappelle qu'il y a le contrôle à passer, qu'il faudrait que je fasse mon sac, que... Hé bien non, je salue le Blutch et son équipe, rigole avec tout le monde, mais je ne suis absolument pas concerné par la course. Je me sens comme un accompagnateur ! Au grand dam de mon entourage, dont je note, par moment, des regards inquiets que je mets sur le compte du trac d'avant course. Cela me jouera tellement des tours que j'en perdrais mes affaires pour cause de mauvaise préparation du sac. Mais je continue sur le "Fais ce que je te dis et pas ce que je fais..." Je suis tellement mal, que ma crédibilité sera même mis en cause. Je tente d'émettre des idées, mais aucune n'est reprise et même personne ne m'écoute... Papy dans l'angoisse... 8-(( J'arrive juste a refiler une paire de gant en soie à Michel !
Minuit ! Pan, je récupère les plans et l'équipe se met au travail. Je dicte les points de balise au Lapouneur, Instit et Toutou. On me rappelle à l'ordre régulièrement que l'on attend ma dictée... :-(( J’émets faiblement l'idée de mettre le n° des balises sur les marques, c'est rapidement balayé par un revers de main. Si ma crédibilité n'avait pas été mis en cause, nous aurions gagné du temps.
Les orienteurs s'affairent rapidement, et je loue leur travail de préparation. Il est clair qu'il y a des manques, mais pour des néophytes nous partons après une grosse demi heure avec un boulot correct d'effectué. Sitôt parti, sitôt perdu ! Je salue le Blutch et en sortant je ne retrouve pas mon équipe ! :-( Après 2 A/R dans le gymnase, il me vient ma première lumière sous la forme du cri "ZOOOOOOO !" Ayant entendu la réponse, j’emboîte le pas de mes camarades et nous voilà parti, laissant la lumière de la voiture du Lapouneur allumée... Komment ? M.... c'est encore moi qui ait fait la boulette... Pfffffff....Arrêt, fermeture de la voiture et re re re démarrage...(Notre cri nous permettra de nous retrouver quelques fois !)
Premières foulées et premiers réglages... Premières plaintes de l'Instit... Aïe ! Si c'est comme cela pendant 10h, elle va déguster. Premières cotes et premières balises... Premières sonneries pour boire un coup une gorgée toutes les 13'30"... Première bonne décision du Lapouneur qui nous fait atteindre la seconde balise en prenant un chemin un peu plus long, mais plat !Nous atteignons la balise n°3 vers la 27ème place, serein, même si les recherches de balises sont encore brouillones ! Le Lapouneur nous fait descendre dans un enchevêtrement de bois, au contrario des autres équipes qui remontent ! Ayant chaud au mains, je m'enlève les gants et me bagarre pour me les accrocher. Puis j'interpelle Michel en lui demandant s'il n'avait pas l'impression que j'avais perdu quelque chose. Il me répond vaguement, ne comprenant pas l'intérêt de ma question.
Castastrophe !!! Arrivant sur le chemin, alors que nous redémarrons, je cherche à lire la balise suivante... Mais je n'ai plus les papiers !!! Ils me sont tombés des mains quand je me changeais les gants. Mon impression de perte était réelle !!!
C'est comme si que le ciel m'était tombé sur la tête ! Je suis retourné sur la pente ou j'avais perdu la carte, j'ai refais 3 fois le talus qui devais faire quelques centaines de mètres, en regardant de partout ou j'avais pu la perdre. Je vous rappelle qu'il fait nuit, que je regarde avec ma frontale, au milieu des bois enchevêtrés par la tempête ! J'ai cru mourir, je me suis maudit jusqu'à la génération d'Adam et Eve ! Quel C.., mais P..... quel C.. ! Faudrait peut être que je me rende compte que j'ai emmené dans une galère 4 camarades ! Que j'assume enfin mes responsabilités...
Je commence à imaginer toute sorte de scénario, mais je lis dans les yeux de chacun, la détresse de gens découragés... On vient juste de commencer le raid et nous voilà hors course sans combattre ! Je commence à perdre espoir, quand en redescendant pour la 4ème fois j'aperçois sous un arbre en travers, les précieux papiers. Un soulagement immense m'envahit, une réaction "chimique" se produit, je n'aurais plus aucune défaillance jusqu'à la fin du raid !!!
Rassemblant les troupes, après cet intermède de 20'/30', nous repartons en ordre de marche. Nous avons bien reculé au classement car nous rencontrons pas mal d'équipe déjà perdu. Nous avons d'ailleurs un peu de mal à trouver les balises 4, 5 et 6...Mais l'échauffement commence à se terminer et la machine commune va se mettre en route.
Au PS02 (Les PS sont les points de contrôle, les PP sont les Balises) nous croisons l'équipe du Blutch, tout sourire...(Ils n'ont pas un capitaine comme le notre !)Nous nous encourageons mutuellement, nous sommes dans les 35 premiers, or l'objectif est de finir dans les 32 (notre n° de dossard).
Nous arrivons au PP07, et les premières transes du Lapouneur apparaissent, discrètement, mais apparaissent. Nous faisons, avec d'autres équipes, cette balise, puis, après validation de l'équipe, nous suivons les instructions du notre Orienteur pour s'isoler et partir sur la Balise 8, ce Pylône le plus à l'Ouest.
L'instit commence à donner des signes de fatigue, je lui donne la main pour l'équilibrer dans notre course dans les champs. Il est amusant de constater que dans la descente, après la balise 8, nous sommes les plus rapide de l'équipe, laissant loin derrière les trois autres. L'Instit leur a bien conseillé de se tenir la main pour aller plus vite, mais leur moue nous a rapidement convaincu qu'ils ne le tenteraient pas ! 8-)))
Nous voilà 27ème au PS03, ou, euphorique, nous piquons tout droit dans une impasse...
Et Zut... On reperd des places... Pas de panique, notre Lapouneur chauffe de + en + et nous sort, après une nouvelle voie privée, une petite ruelle cachée que tout le monde cherchait... Après avoir fait une centaines de mètres, je remarque que nos lampes attirent les autres équipes... D'ailleurs, nous remarquerons souvent, qu'après nous être isolé, dans la bonne voie, des petites loupiotes nous filaient le train.
Au PS04 nous revenons à la 25ème place, mais nous sommes encore beaucoup d'équipes les unes sur les autres...Après quelques tergiversations, nous trouvons la balise 9...
Vint ensuite la période la plus faste de notre Lapouneur, la ou il nous époustoufla ! En arrivant près de la balise 10, nous rencontrons une foultitude d'équipes battant semelle à la recherche de celle ci. Apparemment personne ne la trouve ! Notre Lapouneur, dans son attitude d'échassier en transe nous indique un chemin à prendre sous l'étonnement de tout le monde. Je pousse l'équipe vers cette direction et nous voilà descendant la colline alors que la balise est au sommet d'une butte ! :-) Arrivé à mi-descente, il pointe son index au sommet d'un raidillon bien pentue et déclare que la balise est au sommet. J'indique à Michel que nous montons tout les 2 et je file plein gaz... Bingo, une erreur de plus. Michel passe la surmultiplié et fonce avec moi. Je m'en rends compte trop tard, propose une pause, mais les sucres qu'il vient de consommer risquent de lui manquer pour la fin...Nous continuons de grimper dans les ronces, avec beaucoup d'interrogations, car il n'y a pas âme qui vive dans les environs. Au sommet après quelques recherches, la balise nous apparaît ! Chapeau le Lapouneur !
Nous voilà reparti, nous suivons toujours les incantations de notre orienteur en rencontrant, comme le soulignait Michel, des équipes dans tout les sens, sauf le notre ! Arf ! Après plusieurs minutes de solitude, ou nous nous regardions interloqué, nous arrivâmes sur la balise 11, suivi par plein d'autres loupiotes... Nous avions encore fait la trace...La balise 12 arrive, l'Instit a de plus en plus de mal, L'toutou et Michel furètent toujours autant...
Nous arrivons au PS05 en 22ème position, puis les PP13 et PP14 sont faits avec encore un super coup de poker réussi grâce à l'emprunt d'une piste cyclable qui nous rallonge de 400m pour un gain de temps appréciable. En effet nous apercevons des loupiotes avançant péniblement sur les chemins les plus courts. Je note, quand même que c'est Michel qui a un léger coup de barre, ainsi qu'eul'toutou, alors que l'Instit mène la troupe au coté du Lapouneur.
Un petit point que j'ai omis d'écrire car j'ai du mal a le situer, mais qui est important pour l'un d'entre nous. A un moment je me suis arrêté pour me soulager, laissant l'équipe trottiner dans une descente. J'accélère pour la rattraper et au moment de faire la jonction je fais une magnifique chute avant style saut périlleux écrasé. Je m'ouvre légèrement le genou droit (c'est ma fille qui m'a fait remarqué MARDI soir la blessure !), je m'insulte une fois de plus et me relevant j'apprends qu'eul Toutou s'est foulé la cheville et déboîté le péroné ! M.... !!!
Je m'approche, mais avec sa bonhommie habituelle, il me dira une phrase qu'il répétera des dizaines de fois... "Cela va passer, te fais pas de soucis..."Imginez le calvaire du mÔssieur, sachant que cela s'est passé en début de course.(Balise 2/3 ??? Qui peut me le rappeler ? ;-))) )Son visage changera, mais sa phrase tiendra le coup longtemps !
Nous sommes balise 14, nous venons de faire une splendide remonté nous devons bien être dans les 20 premiers...
Auffargis et son église nous tendait les bras... :-(
Auffargis.... Haaaaaaa, son église, ses habitants sympas, ses p'tites maisons que l'on ne vois que la bas, ses trottoirs.... Ses 180°, ses 90°... Ses hypoglycemies Lapouneuse du Cerveau... Arf !
Déstabilisé par sa première balise loupé, notre orienteur est sorti de ses transes et balbutie ses directions. Nous sortons du Marais à l'opposée de la sortie prévue par Turoom puis nous nous dirigeons vers l'église. Nous voyons notre Lapouneur commencer à hésiter, il nous indique une direction, mais devant nos sourcils froncés et l'apparition de 2 équipes en sens contraire, il change de 90° et nous continuons tout droit. En fait ni l'une, ni l'autre des 2 directions ne seront bonnes. Nous nous retrouvons après quelques minutes sur le bord d'un route importante ou un conducteur s'arrète pour s'enquérir de ce que l'on cherche. Quand on apprends que c'est à l'opposé d'ou nous venons, le Lapouneur tente encore de nous situer sur sa carte. C'est le seul moment, il me semble, ou j'ai fait un abus d'autorité... :-(
Visionnant la carte et la route j'indique au Lapouneur ou nous nous situons. Devant ses dénégations, j'ai pris la carte et aiu entrainé l'équipe sur le chemin voulu. La troupe suit, mais rapidement je vois le désarroi dans le regard de l'Instit, qui cale, l'inquiétude chez l'Toutou, qui a mal, la moue chez Michel, qui commence à avoir froid et la déception chez le Lapouneur, qui s'en veut.
Montrant que la courbe du chemin se retrouvait sur la carte, je l'ai refilé au Lapouneur, encore sous le choc, un peu interloqué qu'on lui fasse confiance. J'ai pris la main de l'Instit et remué tout le monde... Ouffff... L'équipe repartait, mais les regards était noirs... En arrivant de nouveau sur l'église, après avoir fait une boucle d'au moins 3kms (faudra mesurer sur la carte... Ki as la carte d'Auffargis ?)
Michel nous rappelle que nous venons de la droite et que le seul chemin non pris est tout droit. Après une nouvelle dénégation de notre échassier chancelant, il en convint et se recadra. Oufffff ! Il ne fit plus d'erreur jusqu'à la fin...
Mais celle là coute très cher car nous retombons dans le peloton des attardés ou nous notons que déjà des équipes ne sont pas complètes. Rasséréné par une nouvelle option payante du Lapouneur, nous repartons cahin caha...
Et nous voilà arrivé sur le PP16, les fameuses rigoles...
Et qu'est ce que j'apprends, AUJOURD'HUI, en relisant la feuille de route ? Qu'il n'y avait que le 3ème passage, sous la N10, qui aurait été obligatoire ? Pourtant en arrivant à la 16ème balise, le bénévole présent nous a bien indiqué qu'il fallait tous passer sous la voie de chemin de fer !!!
Il y avait 3 passages dans l'eau, les balises 16, 17 et le PS07. Au PS06, avant de se jeter dans l'eau, on nous annonce "dans les 35"... Le moral est dans les chaussettes...L'impression d'avoir perdu toutes les options gagnantes jusque là... Et des regards.... D'un noir....Arf !
Nous voilà dans l'eau, que je juge particulièrement froide, que l'Instit a beaucoup de mal à supporter... Nous sortons du tunnel sous la SNCF, alors que Michel continue sous la D910... Je le plains sincèrement, car, même si il met un point d'honneur a ne rien montrer, j'ai noté quelques signes de fatigue important qu'il tente de masquer. Courageusement il fonce sur la deuxième balise... Je ne sais pas si j'aurais pu le faire tellement le froid mordait...
Il est a peine sorti du second tunnel, qu'un 3ème, le plus long sous la N10, s'annonce.
Arrivé au bord, l'Instit se cabre et commence une dénégation... L'Toutou plonge dans l'eau, l'encourage et mets ses mains pour qu'elle descende. Nous sommes à 2 doigts de l'abandon... Je la pousse légèrement, elle mets son pied sur la main du Toutou, puis se jète (je la pousse ?) dans l'eau. C'est trop saisissant et elle explose en pleurs... Je prends sa main et je la tire sous le tunnel en l'encourageant ! P..... qu'il est long ce tunnel, beaucoup plus que les autres... Elle ne voit rien, car ses yeux sont fermés tellement les sanglots sont forts. J'ai peur que l'on glisse et que l'on fasse un sous l'eau... La fin du tunnel approche... On y est, je l'amène au bord et... Plouf, je tombe dans un trou avec de l'eau jusqu'au poumon ! Brrrrrrrr ! L'instit a un incroyable réflexe pour me tirer sur la bordure, puis elle essaye de grimper, mais elle n'y arrive pas et je ne peux pas la pousser.... Que faire, puisque je n'ai même pas penser à envoyer un de mes coéquipiers en éclaireur...
Un concurrent de l'équipe n°10 voyant la scène, accourt, accroche l'Instit, la remonte, puis fais pareil avec chacun de nous. Je ne le remercierais jamais assez, il nous fut d'un grand secours.
Aussitôt sortit, je presse l'Instit de partir avec l'Toutou jusqu'au PC1 pour se réchauffer, nous suivons derrière rapidement tout les 3.
PC1, il est au environ de 8h et nous n'avons fait que 33 Kms ! Gasp ! Quelle moyenne horaire ! :-(
Un rapide état des lieux nous montre que l'Instit se remet en séchant ses chaussettes (elle n'aura plus de coup de bambou), l'Toutou s'étire de plus en plus mais ne souffre pas encore trop, Michel continue de se frigorifier et met sa polaire qu'il avait en stock et Le Lapouneur se bagarre avec le fameux bouchon foireux des poches à eaux DK ! Il se versera sur les vetements une bonne part de sa boisson au jus d'orange ! ;-)))
Nous rencontrons la Blutch's team, toujours hilare, mais étonné que nous n'ayons loupé qu'une balise ! Nous repartons pour une Nième remontée au classement !
Balise 18 et 19 facile, nous arrivons au PS08 en 25ème position avec un Toutou qui tire de plus en plus la patte... Il nous fait soucis...Mais pour l'arréter, il m'aurait fallu une muselière pour éviter le bain de sang... :-)
Nous arrivons à la balise 20, au départ de la CO. Nous prenons la décision de ne point la faire, en particulier parce que je croyais que c'était une boucle... Or nous aurions pu faire quelques balises sans trop dévier du chemin le + court.
C'est en rejoignant le PS09, ou nous sommes noté 22ème, que je me rend compte que Michel commence à avoir des difficultés. Avec son désir de toujours nous le cacher, il tente rageusement de continuer à suivre le rythme de l'équipe. Mais une certaine fébrilité et quelques mauvais choix dans la pose de ses pieds me montrent qu'une certaine lucidité lui fait défaut. Dans l'aplomb de ses réponses à mes questions, je note que la volonté est toujours bien présente et qu'il se sent capable d'aller plus loin. J'ai la réflexion, à ce moment là, que si Michel arrive à passer ce cap, il va explorer des sensations, dans la difficultés, qu'il a rarement du affronter jusque là. J'ai l'espoir qu'il tienne et qu'il se découvre de nouvelles possibilités, mais ce n'est pas joué d'avance pour lui.
Que de bous, que de boue, il me semble que c'est a ce moment là vers les balises 21, 22, 23 que nous rencontrons des jeunes qui semblent être les scouts d'Europe. Par groupe d'une dizaine, ils font une sorte de chasse au trésor, sans carte, ni boussole, certain en chemise et short... Pas un adulte aux environs, je pense que les gamins avaient entre 8 et 14 ans... Vous imaginez ? Alors que nous avions froid avec nos polaires ? C'est de l'inconscience pure... Je me fais du souci car mes 2 grands sont chez les scouts de France... Faudra que je surveille cela ! :-(((
Après la balise 23, nouvelle option tactique du Lapouneur, que l'on pense vaine, après être arrivé au PC2, mais, au final, extremenent payante puisque nous rentrons dans les 20 en s'étant économisé sur le GR.
Nous filons sur la balise 24, puis nous posons pour effectuer des changes...Quel ne fut notre étonnement de voir apparaitre des équipes de toutes part qui n'avait pas encore passé le PC2. Il en sortait de toute part et surtout d'endroit incongru ! Merci encore le Lapouneur pour nous avoir évité tout ces errements. (Avec l'exception qui confirme la règle ;-)
Nous repartons vers la balise 24, la spéciale sans carte et les morceaux de bravoure de l'équipe 32 !!!
Rien que de penser au balises 24 et 25, j'ai le sentiment que les os de notre ami Michel se glacent et me pertubent un petit peu. En effet nous sortons de la forêt de Rambouillet, nous avons fait plus de 52Kms et commençons à attaquer les longues lignes droites... Après la balise 25, arrive l'orientation sans carte, à la boussole... Mais vu la platitude du terrain, cela nous ne cause aucun souci si ce n'est...
Brrrrrr, qu'il est glacial ce vent... Il n'y plus d'arbre pour nous protéger, la pluie verglaçante tombe par intermitence et la prochaine balise se voit à plus d'un kilomètre ! Michel et l'Toutou n'arrive plus à courir depuis la fin de la spéciale CO, l'instit reprends du poil de la bête et trace la route, l'Lapouneur, au repos, se réchauffe les mains avec un super produit miracle ! :-þ
C'est très dur, à ce moment là pour Michel. Il marche moins vite que l'Toutou, est un peu à la traine, son allure général tombe un peu en déliquescence, MAIS, quand on l'approche, l'interroge du geste ou du regard, ses yeux montre le combat qu'il mène. Jusqu'à la fin, or le moment d'interrogation du Toutou au PR3, c'est lui qui devra se faire le plus violence pour que l'équipe termine. Jamais ou presque son regard ne défaillira, son courage sera mis à très rude épreuve.
Nous arrivons au PS10 ou je note que 18 équipes sont déjà passées. Avec la CO (que nous n'avons pas fait), les balises restant à faire, plus le canoë à faire, j'ai le sentiment que si mon équipe arrive jusqu'au bout elle fera quelque chose de "grand" en terminant pas loin des 20 premiers. Bien mieux que notre objectif initial de 32ème ! 8-)
Nous continuons à la boussole jusqu'au PP26, et là, commence un nouveau morceau de bravoure de mes équipiers qui restera longtemps gravé en ma mémoire.En lisant la feuille de route je note que le PR3 s'appelle "à la remise des bateau". Il se situe dans le village de Hanches dont les premières maisons sont situé à 700m. Comme tout le monde se frigorifiait, je décidais d'un baroud d'honneur en proposant à l'équipe de courir se réchauffer à l'abri des maisons du village. Je soulignais que, d'après la feuille de route, on nous remettait les bateaux à la sortie de ce village. La réponse que me fit l'équipe, à ma proposition permettant de tester leur tenacité, fut à la hauteur des qualités morales qu'ils ont déployés durant cette journée.
On se mit en ordre de marche avec l'Toutou et le Lapouneur devant, l'Instit et Michel derrière, moi au milieu avec quelques mots d'encouragement. Rien que de me rappeler cette caravane courant a perdre haleine (à 10/12 km/h) oubliant ses douleurs, ses petits et gros soucis pour se concentrer sur sa foulée et les maisons a atteindre.... J'en ai encore la chair de poule... Tous unis dans le même effort, pour un même objectif, si puéril était il, ce fut très très très fort !!!
Effectivement, après s'être chauffé durant ce jogging matinal et s'être mis à l'abri de la bise dans le village, un vent d'optimisme souffla dans notre équipe. En effet, non seulement nous nous sommes réchauffé, mais en plus, nous rattrappons, une nouvelle fois, une équipe de "pro" grace à la clairvoyance du Lapouneur qui avait repris l'orientation sur la carte "Auneau". Ces pros termineront devant nous grace à leur connaissance du terrain et leur expérience du raid28. (Si je ne m'abuse c'était l'équipe "les Ulis toujours" 2ème l'an passé)
La PP27 passe, nous arrivons au PR3 et au moment pathétique du Toutou. Convaincus, malgré quelques doutes émis par le Lapouneur, que nous touchions au but du canoë, le moral était "au beau fixe". Il est vrai que faire du canoë sur une butte éloigné de tout point d'eau pouvait paraitre abscons ! Mais nous pensions que l'équipe Turoom était capable de tout ! :-)
Nous rentrons dans la salle omnisport de Hanches et, après avoir été pointé, vérifié que nous sommes toujours bien classé, une voix nous annonce les canoës à 13 kms !
Coup de sirocco sur l'équipe, je vois les visages se décomposer et ce n'est pas un vain mot. Le mien ne devait pas être au mieux car l'Toutou me fait une grimace de derrière les fagots. Après discussion avec Maman Turoom (Mme Pilorget, I presume) il est fait appel au médecin pour vérifier le genou de notre canidé. Dans un souffle, notre Chien de Savoie me dit que le médecin va certainement l'arréter ! Mais demander au Toutou de faire 13 bornes dans cette état, me semble démesuré en vue de notre objectif de départ.
L'équipe avait super bien fonctionné jusque là, ils avaient fait preuve d'une très grande solidarité sur ces 63 kms déjà parcourus. Est ce que c'était raisonnable de repartir ? (Surtout que la salle était chauffée et qu'un bus attendait dehors !)
En attendant le médecin, une discussion s'entame avec des spectateurs qui pense, eux, que le canoë est à 3/4 bornes ! A ce moment là, notre manque de lucidité et notre manque d'expérience du raid28 nous a permis de reprendre espoir. Il suffisait de bien lire la feuille de route pour comprendre que les canoë était encore à 13 bornes. Si nous en avions été persuadé, nous ne serions pas, AMHA, reparti pour subir les affres du froid !
Mais, en entendant ce "3/4 Kms", l'oreille encore valide du Toutou se dresse, l'oeil s'allume et il me fait signe de discrètement sortir pour continuer. Tout en bavardant avec Maman Turoom, pour qu'elle oublie son appel au médecin, je regarde chacun de mes coéquipiers un à un en notant dans chaque regard l'envie de ne pas décevoir l'espoir renaissant de notre "porteur d'eau".
Et nous voilà sorti, pour un passage qui sera pour certain, d'une difficulté rare et AMHA jamais atteinte. Sitot repris, sous les ordre du Lapouneur (Lapou pour les intimes d'après l'Instit :-) ) la bonne direction, le vent glacial s'est rappelé à nous. Nous passons sur un pont ou notre pauvre Michel ne devient qu'un glaçon à 2 pattes. Il m'autorisera à aller pointer nos 2 dernières balises, travail qu'il avait mis un point d'honneur à faire jusque là, avec une opiniatreté et un sérieux exemplaire. Mais la souffrance était trop importante pour rajouter des boucles au chemin le plus court rejoignant les canoës, devenu notre but ultime. L'équipe tente de se mettre en vague cycliste derrière l'Toutou, car c'est le plus résistant au froid et son rythme était régulier. Malheureusement l'Instit n'osant pas prendre sa main, cela crée des cassures, et le l'Lapouneur encourageant Michel ne profite pas pleinement du drafting. Nous sommes rattrappés par une équipe qui court bien et qui nous dépasse avant d'aller à la balise 28.
A ce sujet, en anecdote, lorsque Michel me passa le précieux document à faire pointer, je suis parti en courant vers une pseudo balise. Me sentant pousser des ailes, j'ai accélerer pour "frimer"... Aïe, Aïe, Ouille, quel imbécile... Dès que j'ai quitté les sols durs du chemin pour attaquer le champs labouré, mes jambes se sont alourdis et j'ai rapidement du constater que je n'étais pas superman, mais plutôt supercouillon. De plus, comme il y avait gourance sur la balise, je suis revenu avec difficulté sur la caravane emmené par l'Toutou. (Heureusement, comme il regardait devant, j'ai pu garder intact mon apparence de facilité... :-) Ou alors ils ont eu la délicatesse de faire semblant de ne rien avoir vu ! Mouarf !)
Balise 28, mes coéquipiers tracent tout droit et je rattrappe l'équipe qui nous avait doublé. Je pointe après eux et "pas gentil du tout" je me colle derrière eux puis je mets une grosse accélération jusqu'à rejoindre le Zoo. Les 3 valides de cette équipe tente de me suivre, entrainant derrière eux les 2 autres que j'avais déjà noté chancelants... Ils nous ont TROP rapidement rattrapé. Suivant certaines sources, ils font parti des équipes parties sur le canoë qui se sont jamais revenu... A confirmer.
Nous arrivons au PS11 et le paroxysme de la course pour le ZOO. Nous voyant arriver, le signaleur, tout sourire, nous indique que nous sommes largement dans les temps et que le canoë c'est dans cette direction. Il signale, et AMHA Michel devait bien l'avoir noté, qu'en continuant tout droit, on pouvait finir la course et être classé. L'Toutou fonce (à 4,5 kms/h Arf !) sur la berge, Michel le suit, l'instit leur emboite le pas et l'Lapouneur musarde jusqu'à...
Aïe !!!
Ouille !!!
Jusqu'à ce que ce signaleur "signale" que les canoës se trouvent à 9kms... Gasp ! Vous auriez vu Michel se liquéfier complètement. J'ai même cru que sous le choc il allait tomber. L'Toutou a rabattu ses oreilles pour se concentrer, l'instit s'est barricadé dans son gore tex et le Lapouneur est accouru soutenir Michel qui, plaintif, avec une petite voix m'a dit "J'pourrais Papy, j'pourrais pas..." Il a bien tenté de refaire quelques dizaines de mètres, mais c'était fini, hors de ses forces. L'Lapouneur tenta bien de le réconforter, mais cela semblait difficile
Je leur propose de retourner vers le signaleur, de se faire réchauffer puis de rappatrier Michel, je sens l'équipe au bout du rouleau. Ils m'avaient donné de grandes joies, mais si Michel explosait a ce moment, ce n'était pas sous le coup d'un caprice de diva quelconque. Il venait déjà de repousser ses limites dans des zones qu'il n'avait pas encore exploré, nous ne pouvions lui en tenir rigueur. Surtout que le chemin réalisé, à ce moment là pouvait déjà nous remplir de fierté.
Après quelques péripéties (je crie, je siffle, je hurle, je m'agite, je tempète, je rouspète... Ni l'Instit ni l'toutou n'entendent... Arf ! Heureusement le sifflet du Lapouneur fut plus convaincant que l'Papy ahanant sous l'effort). En revenant tous les 3 vers le pont, nous devisions sur notre abandon, tout en voyant le Lapouneur discutant avec le signaleur. Apparemment Michel est en train de se chauffer dans une voiture et le Lapouneur essaie de voir si tout le monde peut être rappatriés !
C'est en montant sur le pont que nous nous aperçûmes que Michel n'était point dans une voiture, mais en train de se protéger du vent, accroupis derrière le parapet. Face à mes interrogations, il me lança un regard noir de reproches, pour avoir un instant, cru que nous allions abandonner. Il reprenait juste des forces, avant de rallier l'arrivée pour être classé. De plus, il avait déjà réfléchi que vu notre moyenne horaire, faire le canoë nous aurait coûté plus cher en temps, que les pénalités récoltés lors du retour direct.
Bien vu tout le monde... Nous sommes rentré faire les 3/4 kms qui nous séparaient de l'arrivée. Pour les faire, nous avons mis environ 1h15', recherche de balise comprise ! Il est clair que pour nous l'option direct fut la plus payante. Car les 4h, pour le canoë, calculés par l'équipe sur le "pont de la résistance Michelienne", auraient pu, vu notre vitesse finale, se transformer en 5 voire 6h... Ou Mise hors course !
Pas mal d'équipe ne sont pas revenus du canoë, notre déception fut encore plus atténuée lorsque l'on appris qu'une équipe en bien meilleure forme physique sur le pont que nous, se trompa dans l'orientation bateau pour finir chez des particuliers qui ont appelé les gendarmes en voyant ces holibrius "zombies" affalés sur leur terrain.
Il ne restait qu'à terminer, sous les yeux plein de fierté de Papy et Mamy Michel. Ce qui fut fait, en courant SVP, sous les hourras de l'organisation qui ne nous attendait pas, mais alors VRAIMENT pas à une telle fête. Quelques hourras trop rapidement interrompues par le micro des interviews nous ont permis de commencer à réaliser ce que nous avons fait.
J'allais presque oublier (c'est en relisant que je rajoute ce paragraphe) de vous rappeler que seulement 16 Equipes, sur les 47 au départ, ont terminé. Que ZOOSORENGO@42KMS.COM finit très honorablement à une 11ème place inespérée. Il est clair que si c'était à refaire, il y aurait plein de petits trucs que l'on changerait pour être plus performant. Mais quelle réussite vu notre allure de touristes au déaprt !!!
Voilà, aujourd'hui, redescendu un peu sur terre, je commence à réaliser ce que le zoo a fait. J'en ai peu parlé, mais nous avons régulièrement fait référence à la Ménagerie Sorengo, à vous qui lisez ce compte rendu et avec qui nous échangeons nos impressions. Les plaisanteries a ce sujet ont surtout fusé lors de l'accident "perte de feuille de route" du Papy. Ensuite, dans la douleur, ce fut quelques mots discrets qui rappelaient que régulièrement, vous couriez à nos cotés ! (p.e. au sprint de Hanches)
Que reste il aujourd'hui...
L'Toutou doit soigner son genou et entretenir son corps en le bichonnant, car vu ses objectifs futurs, il a intérêt à privilégier le long terme, quitte à faire des perfs moins sensationnelles. Il faut savoir consolider les fondations d'une progression avant de vider trop haut et de se casser la G..... Il a également intérêt à ne sélectionner que 2 ou 3 objectifs réels et ne pas hésiter à abandonner si il se retrouve dans le même cas (individuel) que lors du raid28. L'euphorie que nous avons connu nous a permis de rapidement récupérer, mais dans le cas contraire, cela aurait été limite...Qu'il n'oublie pas de pimenter par des petites courses rafraichissantes ou son fils pourra faire quelques mêtres avec lui... ;-)))
L'Instit vient de se rendre compte qu'elle est beaucoup plus endurante qu'elle ne le croyait. La porte des raids, trails ou autres sucreries de ce genre lui est ouverte, et comme des féminines de son calibre, il n'y en a pas beaucoup, elle risque d'avoir des sollicitations ! ;-) Il suffira qu'elle ne perde pas l'habitude de courir, avec joie, dans la boue ! :-D
Michel vient de découvrir des domaines qu'il ne connaissait pas des sentiments qu'il appréhendait difficilement, je n'en ferais pas la liste, il n'a pas encore fait lui même, tout l'inventaire. Mais il s'est surpassé dans tous ces domaines, nous rassurant sur des sujets ou nous étions inquiets. C'est a lui de bien comprendre ce qui lui est arrivé, et de nouvelles joies seront de nouveau à sa porté. Ses ambitions peuvent légitimement être revu à la hausse dans toutes ses course, il lui suffira de bien analyser la quantité très importantes de paramètres que lui a fourni ce raid28. Cela, il sait le faire, alors nous en attendons bientôt des résultats sur les courses objectifs !
L'Lapouneur dit ma Lapoune, dit mon Lapou, etc... Nous a montré de bien belle qualité d'orienteur et d'endurance. Il va faire mal dans les futurs trails ou CO dans lesquels il va s'inscrire. Un entrainement progressif sans trop de Pommes de Terre doit rapidement lui permettre de battre toutes las barrières horaires qu'il connait actuellement. Je le vois très bien sous les 3h au marathon, si, dans quelques années, il s'en fait un objectif !
Quand à moi ? Je termine mon atterrissage en douceur... J'ai été à la soirée du Jogging Club samedi soir, et, devinez de quoi j'ai parlé ? D'une bande de rigolos qui, malgré tout les pronostics défavorables, sont devenus, l'espace d'un Week End des vedettes à part entière. Finisher Raid28, c'est au minimum, pour ceux qui connaissent, l'équivalent à être Finisher Ironman d'Embrun. J'ai fait les 2, classé aussi bien dans l'un que dans l'autre, et c'est aussi fort !!!
A tout les ZOO-Finisher... Gardez bien votre T-Shirt du Raid28, je compte trouver un logo imageant bien la Ménagerie que nous pourrions rajouter, avec le nom de notre équipe, sur ce T-Shirt. Ce logo pourra servir à d'autre qui aimerait porter haut les couleurs de la ménagerie.
D'ailleurs, je cherche un dessin style Tex Avery que je vais essayer de vous décrire : "Une grosse fumée d'ou s'échappe des visages, des points, des pieds d'animaux... Style bagarre de dessin animée... Que je mettrais en mouvement sur une route ou un chemin... " Cela comme quand l'équipe ZOOSORENGO@42KMS.COM ou La Ménagerie va en compétition.Que pensez vous de l'idée et ou pourrais je trouver cela ? ;-)
Voilà, bien à vous tous, je clos le compte rendu...
A Dopu...
L'Papy Ming
France |