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Bip – bip – bip – bip - bip. Vendredi 5 Mars - 7h00
Debout là dedans ! On a décidé de se retrouver au petit déj à 7h15, mais j’ai pas eu le courage de mettre le réveil plus tôt que 7h00…
Petite toilette rapide et on retrouve la troupe dans la salle à manger en compagnie d’un copain de la Cane, boulanger à Bernay, Organisateur du Tour de France en courant (avec la Cane pour la Chasse Marée, Tonyé et son GTC et le Bourrin avec Franchir l’Horizon, on est entouré d’organisateurs ! ! !) qui est venu nous dire bonjour, et nous apporter du ravitaillement pour notre étape d’aujourd’hui. Plutôt sympa non ?
On termine de se ravitailler, on range tout notre bazar dans la voiture (elle est vraiment très sale ta voiture mon Bourrin !) et on décide de traverser Bernay… en voiture !
En fait notre Hotel est à l’opposé de la route que nous devons prendre, dans une ZI et sur une route très " passante "… Aussi on préfère ne pas prendre trop de risque et commencer à courir du bon côté de la ville.
On traverse Bernay et on s’arrête juste à la hauteur du panneau de sortie de la ville. On doit faire Bernay Caen aujourd’hui, alors pas question de sortir de la ville en voiture ! on a des principes quand même !
C’est le Bourrin qui décide de se lancer le premier. Ila envie de courir. Vers 8h45 il se lance pour le premier tronçon des 80km qu’il nous reste à couvrir pour rejoindre Caen, terme de notre étape. Le Bourrin part devant alors que nous finissons de préparer le VTT de la Dofinette (elle le rattrapera sans soucis) J’indique la direction à suivre et en plus c’est tout fléché aux carrefours. 5 à 10 minutes plus tard, c’est au tour de la Dofinette de partir… Nous, on remballe un peu notre bazar, on monte dans la voiture et on va à leur recherche…
" C’est drôle, mais elle a quand même drôlement bien avancé la Dofinette ! non ? On aurait du la rattraper depuis longtemps ! " on passe un premier rond point, puis après un bon bout on retrouve le Bourrin… Et pas de Dofinette !
On informe le Bourrin en lui disant de continuer et on fait demi-tour pour partir à sa recherche quand le téléphone sonne… " Allo, c’est moi, vous êtes où ??? " Bon, si elle est perdue au moins elle est encore en vie ! "
Petit radio guidage, et après un tronçon où elle aura du mettre un peu la gomme, elle fini par rejoindre le Bourrin !
Aujourd’hui, il ne pleut plus. Par contre un épais brouillard conserve un fort taux d’humidité dans l’air… mais cela va aussi nous donner quelques belles photos sur les petites routes…
Le Bourrin tourne pas trop mal, son mollet à l’air de tenir, et il va couvrir son créneau de 2 heures sans trop de soucis. C’est le réveil, tout va bien…
Arrivé dans le village au doux nom de Cordebugle, il décide finalement de passer le relais à Tonyé, qui se sent aussi en peine forme (mais qu’est-ce qu’ils ont tous ?) et qui démarre comme si il ne s’était rien passé la veille …
Il est " aérien " notre Tonyé… impressionnant, alors que c’est lui qui a bouffé le plus de kilomètres hier !
On le laisse partir, puis quelques kilomètres plus loin ce sera au tour de la Cane de partir courir. Oh, elle ne va pas prendre le relais de Tonyé, elle va tout simplement faire les 60km qu’il reste d’ici à Caen, accompagné par les autres relayeurs, tout ça comme une bonne séance d’entraînement… 60 km comme ça pour rire… ou presque !
Impressionnante la Cane… Petite foulée régulière, un vrai diesel mais une fois partie, impossible de l’arrêter, elle ne stoppe jamais… montée, plat, descente, ravitaillement, elle tourne toujours avec la même aisance… impressionnant.
On attends Tonyé, puis à son arrivée la Cane part avec lui. Là, on sent la différence d’allure… ils vont avoir du mal à courir ensemble ces deux là… Mais finalement Tonyé va lever le pied et se mettre à courir avec la Cane. Les deux VTT sont de sortie désormais, et ils n’arrêteront pas non plus avant d’être à Caen !
Quelques kilomètres après Lisieux, c’est à mon tour de prendre le relais de Tonyé. J’attends ce moment de pouvoir courir avec la Cane et surtout de pouvoir papoter un peu, juste pour faire passer les kilomètres. Mais dès le départ je sens que ça va être difficile… Déjà en temps normal, elle tourne plus vite que moi, mais là elles est chaude et moi j’ai du mal à me mettre en route. On dirait que toute la mécanique est grippée…
Finalement la Cane lève un peu le pied, je met un peu de dégrippant de mon côté et c’est parti. Mon genou me lance un peu, mais c’est supportable, et, comme prévu, nous nous mettons à discuter tant et si bien que je ne vois pas les kilomètres passer.
Une première côte un peu sévère… je me place juste derrière la Cane (je sais, ça ne se fait pas), je me cale sur sa foulée, et je me concentre sur ses pieds, sur son rythme. Je sais qu’elle va monter au train et sans à-coups. Alors j’en profite un peu…et ça passe. La côte est avalée comme un jeu d’enfant alors que par habitude j’ai plus tendance à marcher dans ce genre de trucs !
Les kilomètres défiles quand on arrive à une jolie descente (12%). Sur le bitume, je tape plutôt fort, la descente est trop raide et je suis obligé de me freiner… Mais se freiner sur du bitume oblige à tirer sur… les genoux. Et là ça se passe mal. Un e douleur assez forte apparaît pendant la descente. Sur la fin je décide de dérouler un peu pour soulager l’articulation et aussi pour remonter sur la Cane, mais le mal est fait… j’ai une barre assez violente sous le genou, et c’est pas bon signe.
Je continue encore un peu. Cela fait un peu plus de 1h15 que je tourne mais je vais devoir stopper. Ca devient risqué de continuer à tirer de la sorte…
Je passe alors le relais au Bourrin qui va attaquer son second relais de la journée. A lui de discuter avec la Cane désormais ;-)) Quelques kilomètres plus loin, premier pépin mécanique sur les VTT. On a eu du bol jusque là, mais une chambre à air du VTT de Tonyé vient de lâcher… en démontant on découvre pourquoi… Ce n’est pas un clou, ni un morceau de verre… mais la bande anti-crevaison qui a véritablement cisaillé la chambre… Pourquoi ? Simplement parce que notre Tonyé a acheté assez de bande anti-crevaison pour toute une équipe cycliste mais que par sécurité il a décidé de tout mettre sur une seule roue… moralité, la bande est instable est en bougeant a entaillé la chambre à air. Je me demande encore comment elle a pu tenir jusque là !
Gros sprint du Castor (je vous rappelle qu’il est cycliste et qu’on lui a confisqué sa pharmacie habituelle ;-) pour rejoindre le Bourrin et la Cane, puis c’est au tour du Bourrin de décider de baisser un peu les pattes. Nous on arrive ce soir, mais lui aura encore 50km à faire demain. Il passe dont de nouveau le relais à Tonyé…
Les kilomètres défilent. Trop vite d’ailleurs, puisque à ce train on va être en avance. Arrivé en périphérie de Caen on s’offre une petite pause dans un café. Il nous reste désormais 6km pour rejoindre le centre de Caen.
Le Bourrin prend contact avec le délégué d’EDM qui doit venir cherche notre voiture. Ainsi, nous allons couvrir les 6 dernier kilomètres tous les 6 ensembles… génial
Une petite bière plus tard (enfin 5 bières et un coca pour le Castor), nous repartons pour les derniers kilomètres. Progression lente, groupée, on profite de ces derniers instants, ensemble. Un arrêt et une photo de groupe devant le Panneau d’entrée de la ville de Caen
Nous repartons en direction du château situé en plein centre ville, derniers hectomètres, montée vers le château (pourquoi les châteaux sont ils toujours en hauteur ?) et nous voilà accueillis par la délégation EDM… L’objectif est atteint… nous avons commencé à franchir l’Horizon !
Epilogue !
Photos, interview de Ouest France, papotage… Bon c’est pas la super grande fête, mais le Bourrin nous avait prévenu que le délégué local d’EDM était, comment dire… un peu spécial… donc pas d’inquiétude, et c’est surtout le Bourrin qui a l’air déçu… Nous on est juste heureux d’être là, content de l’avoir fait… juste bien quoi !
Passage obligé sur la scène de la salle où va être projeté le film d’EdM, mini interview et au moment du final, le directeur général d’EdM demande (au Bourrin) " Mais pourquoi avoir choisi de supporter EdM ainsi ? "
Là, sans que personne ne puisse réagir c’est Tonyé qui se jette en avant, attrape au vol le micro que l’animatrice allait tendre au Bourrin, et se lance dans un petit discours, improvisé et dont il a le secret (merci les cours de Théâtre)… vu les échanges de ces deux jours et le nombre de c#nn&r/&s que nous avons pu sortir (surtout lui d’ailleurs) un léger doute s’installe… Mais non, il nous fait un plaidoyer sur le rôle et l’intérêt des organisation humanitaire à en faire pleure la moitié de la salle… Du grand, du très grand Tonyé…et quelques frissons aussi !
Voilà, c’est fini pour nous. Une douche rapide, une petite bière (encore) en passant au bar du château, et on reprend la route laissant sur place le Bourrin et Biopuce qui vont courir le lendemain vers Rennes mais aussi la Cane qui avait terriblement envie de passer la nuit dans une ferme pas chauffée avant de reprendre son train le lendemain !
Une aventure humaine qui se termine en partie… de grands moments d’amitiés entre nous. Des moments forts.
Le Bourrin… rien à redire, on se connaît assez bien tous les deux… je suis content pour lui que son bébé grandisse aussi vite, il le mérite.
La Dofinette… dire que son club hésite à l’emmener faire une sorite de 60km de VTT. Elle en a fait 180 en nous supportant, nous assistant, avec une météo pas top… une grande Dofinette… d’ailleurs on la reconnaît bien grâce à son téléphone portable greffé sur l’oreille droite… même en VTT. Longtemps elle m’a accompagné. J’ai essayé de lui transmettre quelques sensations, quelques astuces pour gérer mentalement les passages difficile. J’espère qu’elle pourra en faire usage.
La Cane… Elle hérite de ce surnom en raison de sa façon de se détendre. Elle place ses deux mains sur ses hanches et elle " bat des coudes "… En tous cas, elle nous a apporté un regain d’énergie et beaucoup de bonne humeur sur cette deuxième journée. Une fois le diesel en route, il n’y a plus qu’à se laisser porter…Ce fût pour moi un plaisir de partager avec toi ces quelques kilomètres. Et comme en plus elle ne refuse jamais une petite bière ;-))) La Cane dans une équipe en ultra, c’est un sacré atout…
Le Tonyé… Quel personnage. Nous nous étions croisé un peu après le GTC alors que j’étais blessé… Mais là, de passer ces deux jours ensemble fut un vrai plaisir. Pas de temps morts, toujours un truc à faire, une bêtise à dire (comment ça c’est pas le seul !)… mais beaucoup d’émotion sous son côté rebelle-anar… Un sacré coureur aussi.
Le Castor. Je ne rappelle pas comment il a hérité de ce surnom, mais ce que je peux dire c’est que j’ai découvert un garçon d’un calme et d’une régularité, tant dans son comportement que dans sa pratique sportive… A chaque fois qu’il y avait besoin d’un coup de main il était là. Un grand merci . En plus on en connaît un peu plus sur le " pot belge " désormais. Si vous avez des questions sur le dopage, on a trouvé un spécialiste qui répondra à vos questions…
Les Supporters ! Impossible de ne pas les associer à cette épreuve. Je parle de tous ceux qui nous ont soutenus pendant ces deux jours. Ceux que j’ai pu avoir au téléphone, ceux qui nous ont laissé des messages, ceux qui ont envoyé des SMS… Impossible de tous vous citer… Zoo, UFO, Irinautes, ou tout simplement les potes… Merci à tous. A chaque fois ça nous donnait un petit coup de pied aux fesses…
Le retour est difficile. Après ces jours et ces nuits intenses, le retour au calme laisse comme un grand vide… Heureusement, je retrouve ma petite famille, avec qui je vais partager maintenant un peu de mon temps.
" Voilà, la première page se tourne, mais il en reste encore de nombreuse à lire… chacun va pouvoir écrire la sienne avant de voir le livre non pas se refermer, mais partir vers le Mékong, pour que les enfants puissent le lire à leur tour "
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